Article de Daniel Renard paru dans La Vérité n° 341, du 15 au 28 octobre 1954 ; suivi de « Le M.T.L.D. contre les capitulards (2) » par Pierre Lambert
LA grande salle de la Mutualité était pleine de Nord-Africains ce dimanche 3 octobre 1954, 20 heures. Ils étaient venus de partout, de Gennevilliers et de Nanterre du XXe arrondissement et de la place d’Italie.
Article d’Ahmed Akkache paru dans Liberté, n° 591, 14 octobre 1954, p. 1
DANS l’importante déclaration qu’il a publiée le 28 septembre au sujet de la scission du M.T.L.D., le Bureau politique du Parti communiste algérien ne s’est pas contenté d’analyser les progrès du mouvement national et les causes politiques de la situation actuelle. Il a défini également les solutions pour aller de l’avant.
Article paru dans Le Combat syndicaliste, 27e année, nouvelle série, n° 125, 8 octobre 1954, p. 4
En douze secondes, un terrible séisme ravageait la région d’Orléansville, dans la nuit du 8 au 9 septembre. Plus de 1.400 morts, plus de dix mille blessés, des dizaines de milliers de personnes sans toit.
Article de Maxime Rodinson paru dans La Voie communiste, n° 23, juin-juillet 1961
L’INDEPENDANCE algérienne est maintenant en vue, malgré toutes les « péripéties » qui peuvent encore surgir, qui surgiront certainement. Les problèmes d’après l’indépendance, posés théoriquement depuis longtemps, commencent à acquérir une certaine urgence. Les deux problèmes les plus importants sont évidemment le caractère interne du futur Etat algérien, avant tout son caractère social, puis les rapports extérieurs de cet Etat. Parmi ceux-ci, les plus immédiats sont sans doute les rapports avec les deux autres pays maghrébins, Tunisie et Maroc. Il est clair que le problème intérieur, social et le problème extérieur sont étroitement liés.
Dossier paru dans Kadimah, journal de l’Union des étudiants juifs de France, juin-juillet 1957, comprenant un éditorial, un article de Kateb Yacine, un commentaire de Kadimah, une discussion avec Kateb Yacine, puis les réponses « Pour un dialogue » par Richard MarienstrasaliasRichard Maruel et « Le commencement du dialogue » par Robert Misrahi
Editorial
Nous consacrons une partie importante de ce numéro aux problèmes judéo-arabes ; en effet, que ce soit en Afrique du Nord ou au Proche-Orient, la vie des Juifs dépend de la coexistence pacifique avec des Musulmans. Et, il faut le constater, Juifs et Musulmans dans leur immense majorité s’ignorent ou se détestent.
Un nouvel Etat est né : Israël, l’Etat Juif. Comme tous les Etats, il est la création des classes et castes dominantes et possédantes, et, dès le premier jour, il opprime et terrorise les populations laborieuses juives et arabes.
Article signé Patrick suivi d’une interview de Jean-Claude Brûlé parus dans Le Monde libertaire, n° 724, 3 novembre 1988, p. 8
IL existe des ironies du sort qui révèlent souvent bien des choses. Ainsi avons-nous pu voir sur les écrans de télévision un Algérien venir expliquer comment il s’était fait torturer par l’armée algérienne pratiquement à l’endroit où son père avait, lui, été supplicié par les parachutistes français, 25 ans auparavant.
Editorial de Bachir Hadj Ali paru dans Liberté, 12e année, n° 590, 7 octobre 1954, p. 1
Clarifier les problèmes, c’est faciliter le rapprochement entre patriotes
EN publiant la résolution du Bureau politique du P.C.A., « Liberté » a donné la semaine dernière l’opinion des communistes sur la scission au sein du M.T.L.D., et les raisons politiques qui sont, à notre sens, à l’origine de cet événement.
Editorial paru dans Lutter !, lettre hebdomadaire, n° 90, 14 octobre 1988 ; suivi de « Solidarité avec le peuple algérien ! », paru dans Lutter !, n° 91, 21 octobre 1988, p. 4
Un massacre.
L’horreur, quand l’armée « tire dans le tas », faisant au bas mot 500 victimes, probablement beaucoup plus – et selon certaines sources de l’opposition démocratique algérienne, peut-être même … 2 500 morts.
DU pain ! criaient ceux que la Convention de 1792 avait acculé à la famine. Ils étaient aux Tuileries, devant ce palais de malheur, et tous les faubourgs parisiens comprenaient alors parfaitement que la République n’était qu’une putain et qu’elle se vendait au plus offrant.
Article paru dans Droit et Liberté,n° 139 (243), octobre 1954, p. 1 et 4
LE Dr Henri Cyna est allé, au nom du M.R.A.P, à Orléansville, avec une délégation comprenant également l’écrivain Marc Beigbeder et Me Marie-Louise Jacquier. Du 22 au 26 septembre, il a parcouru la région sinistrée, exprimant aux victimes la solidarité de la France antiraciste, et examinant les conditions d’une aide plus efficace.
Orléansville a été dévasté par un séisme. Des deuils de la misère.
Evidemment, le gouvernement, la bourgeoisie s’apitoient sur le sort de ces pauvres gens réduits au plus triste dénuement. Les organisations dites ouvrières font de la surenchère en organisant des collectes avec les patrons.
Article de Pierre Boussel dit Pierre Lambert paru dans La Vérité, n° 340, du 1er au 14 octobre 1954, p. 1-2 ; suivi de « Quand la terre tremble… »
L’EXCLUSION de toute une série d’ex-dirigeants du M.T.L.D. a ouvert publiquement le dossier des divergences qui ont opposé à l’intérieur du Mouvement National Algérien, l’écrasante majorité du Parti groupé autour de Messali Hadj et ces éléments.
Non ! Cette guerre-là n’est pas une guerre entre Juifs et Arabes…
L’ATTENTION du monde entier est aujourd’hui attirée par les évènements de Palestine. Au moment même où l’on suppute les chances qu’a l’humanité de retrouver une paix stable, on s’aperçoit avec effroi que la paix n’existe déjà plus. La guerre, la vraie guerre avec toutes les horreurs que nous avons connues, exerce ses ravages sur de nouvelles parties de la planète.
LA phase purement palestinienne du conflit sanglant qui oppose Juifs et Arabes en Palestine est terminée. Elle se solde par l’échec retentissant et la mort du commandant des forces arabes de Palestine, Abdul Kader Husseini, cousin de l’ex-grand mufti, devant Jérusalem qu’il tentait d’encercler.
Article paru dans L’Internationaliste, organe de la Gauche communiste, 3e année, n° 14, 15 mai 1948, p. 3;suivi de « Trêve en Palestine », paru dans L’Internationaliste, n° 15, juillet 1948, p. 3
Plus on se rapproche du 15 mai et plus il apparait probable que le partage de la Palestine sera réalisé sans provoquer de conflit armé de grande envergure. L’intervention de l’ONU se limitera sans doute à l’instauration d’un organisme chargé d’opérer la coordination entre les Etats juif et arabe, et d’imposer les mesures médiatrices nécessaires au démarrage de la coexistence de ces deux Etats. Malgré leur rivalité d’ordre surtout économique, les impérialismes britannique et yankee désirent manifestement aboutir à la pacification du Proche-Orient, pacification indispensable à la préparation de la guerre contre leur ennemi commun, l’impérialisme russe, qui ne pourrait que profiter du trouble provoqué par une guerre entre Juifs et Arabes, dans une région dont l’importance stratégique et économique n’est plus à démontrer. Palestine, Liban, Syrie, Transjordanie, sont en effet les pays par où passent les pipe-line amenant sur la côte méditerranéenne le précieux pétrole de l’Irak et de l’Arabie. Du contrôle sur les raffineries et les ports libanais et palestiniens dépend le ravitaillement en combustible de toute flotte opérant en Méditerranée orientale, sur les rives de laquelle l’expansion russe ne saurait être tolérée. Il fallait donc trouver enfin une solution au conflit palestinien, et il faudra lui assurer, au besoin par la force, une certaine viabilité.
Article de Bernard Gilles paru dans Le Libérateur,n° 19, 26 septembre 1954
(D’Orléansville au douar de Béni-Rechad)
Nous attirions récemment l’attention des lecteurs du Libérateur sur l’importance du problème économique et social en Algérie. Tandis qu’au Maroc le problème est d’abord politique, (en l’occurrence, il s’agit de régler, préalablement à tout autre, la question du Sultan), en Algérie le problème est d’abord économique, il faut mettre fin à un état de misère permanent au chômage, à la famine, à la mort lente.
Dossier paru dans Le Libertaire,cinquante-sixième année, n° 398, 23 septembre 1954, p. 1
AINSI, c’est une fois de plus le Gouvernement qui vient confirmer la justesse de nos affirmations : une nouvelle C.E.D. est en train de se former, sous le patronage cette fois de la Grande-Bretagne qui a jugé qu’il était grand temps d’intervenir directement. Donc, les propositions de Eden, plus ou moins arrangées par le maquignon Mendès et le jésuite Adenauer, vont donner vie à une Europe des généraux et des industriels.
Article de Bachir Hadj Ali paru dans Liberté, 12me année, n° 588, 23 septembre 1954, p. 1-2 ; suivi de« Les Blidéens veulent l’union »
INEBRANLABLEMENT attachés à l’union, soucieux de sa réalisation, les communistes algériens posent depuis des semaines dans « Liberté » la question suivante : Pourquoi « L’Algérie Libre » fait-elle le silence sur le mot d’ordre de Congrès National Algérien ?
Article de Kateb Yacine paru dans Demain, n° 47, du 1er au 7 novembre 1956, p. 8
Par KATEB YACINE
L’U.R.S.S., grande puissance réaliste, renoncera-t-elle à l’usage de la force contre la volonté d’indépendance du peuple hongrois ? La France est-elle encore une grande puissance ? Usera-t-elle longtemps de la force contre le peuple algérien ?
Débat dirigé par Jean-Claude Kerbourc’h avec Claude Lanzmann, Olivier Revault d’Allonnes, Maxime Rodinson et Pierre Vidal-Naquet, paru dans Combat, 22 juin 1967
Un débat dirigé par J.-Claude Kerbourc’h et la participation de Olivier Revault d’Allonnes Claude Lanzmann Maxime Rodinson Pierre Vidal-Naquet
Le conflit israélo-arabe a enfoncé un coin dans la gauche française, au risque de la faire éclater. Les communistes ont défendu les Arabes, les fédérés ont soutenu Israël. L’unité toute neuve n’a pas résisté à la première crise internationale depuis les élections présidentielles. Il est vrai que cette cassure n’est pas nouvelle et il n’y a aucune raison pour qu’elle ne se reproduise pas à la prochaine occasion. Il convenait pour les uns d’attaquer sans nuances « l’impérialisme américain ». Il s’agissait pour les autres de démontrer que l’expédition de 1956 n’était pas aussi sotte qu’on l’a dit, et, corollairement, de faire un discret appel du pied aux modérés.
Discours de Maxime Rodinson paru dans France Observateur, 15e année, n° 724, 19 mars 1964, p. 10 ; suivi de « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 725, 26 mars 1964 ; « Nos lecteurs écrivent » et « Les étudiants juifs répondent », France Observateur,n° 726, 2 avril 1964 ;Maxime Rodinson, « Nationalisme arabe et nationalisme juif »,France Observateur, n° 727, 9 avril 1964, p. 20; « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 728, 16 avril 1964 ; « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 729, 23 avril 1964 ; « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 730, 30 avril 1964 ; « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 731, 7 mai 1964 ; « Nos lecteurs écrivent », France Observateur, n° 734, 28 mai 1964
L’Union des Etudiants Juifs de France avait organisé, le 4 mars dernier, un débat sur la perspective d’un règlement du conflit israélo-arabe. Plusieurs étudiants nord-africains étaient dans la salle, mais ils refusèrent de monter sur une tribune où se trouvaient des partisans du sionisme. Maxime Rodinson fut alors conduit à exposer leur point de vue. « Curieuse situation, dit-il, d’être appelé, moi juif, à faire l’arabe. »
Il le fit cependant avec un tel talent que les auditeurs, ravis ou violemment irrités, durent reconnaître qu’ils avaient rarement entendu exposé aussi incisif et aussi clair.
Article de Kateb Yacine paru dans Demain, n° 43, du 4 au 10 octobre 1956, p. 20
Après Memmi, Chraïbi, Dib, Ouary, l’Afrique du Nord vient d’apporter à la littérature française un nouvel écrivain de grande taille : Kateb Yacine.
Son premier roman, « NEDJMA » (Ed. du Seuil), demeurera l’un des événements marquants de cette année.
La tragédie d’une génération et d’une communauté se situe au cœur de son inspiration.
Mais ce jeune écrivain algérien, de culture française et de souche arabe parle de cette tragédie en fils d’une culture universelle qui ne se pose que les problèmes qu’elle a déjà résolus pour elle-même.
Motion publiée dans Lutte palestinienne, n° 7, avril 1970, p. 21
Le Docteur Sadek el-Azm, professeur à l’Université de Amman, en Jordanie, en fut chassé pour avoir tenu des propos contraires aux conceptions du régime fantoche. Ayant trouvé ensuite un poste d’enseignement à l’Université américaine de Beyrouth, il en fut rapidement exclu pour des raisons semblables à celles invoquées lors de son exclusion de l’Université d’Amman.
Les exploiteurs du monde entier peuvent avoir à l’heure actuelle un rictus de satisfaction : en Amérique Latine, les trusts des United Fruit renforcent leur puissance, en Indochine les capitaux français sont préservés, en Tunisie la peur des colons s’amoindrit.
PLUS de 1.400 morts, pas tous encore dénombrés ; des milliers de blessés : des dizaines de milliers de sans-abri, errant dans les rues informes et dans la campagne : tel est le dramatique bilan du séisme d’Orléansville.
C’EST une juive berbère, la Kahena, qui est à l’origine de l’Algérie, au même titre que Jugurtha, Abdelkader et Mokrani, héros de la légende et précurseurs de la libération.
« Sauver les privilèges ! », voici le mot d’ordre de la bourgeoisie colonialiste. Toutefois, la lutte des peuples colonisés force cette bourgeoisie à employer des méthodes que la presse s’accorde pour qualifier de « nouvelles ».
Article d’Yves Dechézelles paru dans Le Libérateur, 1ère année, n° 18, 12 septembre 1954, p. 1-2
Un gouvernement quel qu’il soit ne peut régler tous les problèmes à la fois. L’on comprend qu’il s’efforce de les régler l’un après l’autre, suivant l’ordre d’urgence qu’il a fixé par avance et que les circonstances peuvent l’amener à modifier en cours d’exécution.
Article de Boualem Khalfa paru dans Liberté, organe du Parti communiste algérien, 12e année, n° 586, 9 septembre 1954, p. 1 [fin manquante]
LE 4 juillet 1954, le comité central du Parti communiste algérien constatait déjà, dans l’appel qu’il lançait aux Algériens, le silence de « L’Algérie Libre » sur les problèmes de l’union, et en particulier sur la préparation du Congres national algérien proposé par la direction du M.T.L.D. 40 jours après l’appel de notre parti pour un Front national démocratique algérien. Malgré plusieurs rappels de notre part, dont le plus récent date de la semaine dernière, « L’Algérie Libre » n’a donné aucune réponse à nos questions. La crise interne que traverse le M.T.L.D. expliquerait-elle ce silence sur une question de cette importance qui intéresse l’ensemble du Mouvement National et au sujet de laquelle les patriotes demandent à être éclairés ?
L’ALGERIE LIBRE (organe du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en Algérie, M.T.L.D.) a publié récemment un communiqué relatant les décisions prises à la suite du congrès extraordinaire du M.T.L.D. qui s’est tenu en Belgique les 14, 15 et 16 juillet derniers. Ces décisions sont les suivantes :
Article paru dans Dernière Heure, 8 septembre 1954 suivi de « Toujours les mêmes ! », paru dans Alger Républicain, 8 septembre 1954
Ces derniers sont accusés de déviationnisme
LESincidents entre membres du M.T.L.D. en Algérie ont leur écho dans la presse parisienne. M. Henry Benazet écrit notamment, ce matin, dans l’« Aurore » :
NOUS l’avons dit et c’est notre fierté : Le R.D.R. entend être le régulateur de la vie démocratique en France, le forum de toute la pensée libre et révolutionnaire. C’est dans cet esprit qu’il accueille fraternellement ce bel article de notre ami l’écrivain et auteur dramatique Albert Camus, par lequel l’auteur de La Peste entend clore un dialogue qu’il eut avec M. Emmanuel d’Astier de la Vigerie, député de l’U.R.R., apparenté au P.C.
Article de Jane Albert-Hesse paru dans Franc-Tireur, 16 juillet 1953, p. 4
MANES SPERBER, présentant l’autobiographie d’Arthur Koestler fait remarquer que Koestler « veut comprendre sa vie comme si elle n’était pas la sienne ». On ne saurait, en effet, de manière plus pertinente, et plus brève, mettre à jour le caractère essentiel de ce premier volume, La Corde raide (1) qui, dans le temps, se déplace de 1905 à 1931 – de la naissance à son adhésion au parti communiste.
Article paru dans Alger Républicain, 4 septembre 1954 ; « Règlements de comptes dans les rues d’Alger », La Dépêche quotidienne, 4 septembre 1954 ;« Menteurs et provocateurs » et « Incidents à Philippeville entre militants des deux tendances du M.T.L.D. », Alger Républicain, 5-6 septembre 1954
Des incidents ont éclaté hier, avenue Malakoff, entre militants des deux tendances du M.T.L.D. Les heurts se sont produits à l’occasion de la sortie d’un nouveau journal, « La Nation Algérienne », dont le directeur est M. Lahouel Hocine.
La position F.C.L. de « Soutien Critique » se vérifie
AU Maroc, la lutte s’amplifie malgré les mensonges de la grande presse qui ose prétendre que les ordres de grève ne sont pas suivis mais qui avoue en même temps le renforcement des mesures policières et militaires. Les attentats se multiplient, frappent de plus en plus vite. La détermination des partisans marocains, leur précision et le soutien que toute la population leur accorde rendent vaines les précautions et les « ratissages » de l’occupant. Tout un peuple s’est engagé dans une lutte gigantesque pour sa liberté. Sans doute, tous les Marocains ne sont-ils pas conscients de l’enjeu réel du combat, sans doute croient-ils souvent eux-mêmes qu’il s’agit seulement de se débarrasser de l’étranger qui les exploite. En fait, ils battent en brèche l’impérialisme sur une de ses positions essentielles (tant au point de vue économique que stratégique) et pose le problème de l’émancipation totale de leur peuple. Car, en poursuivant la lutte, ils vont contraindre les demi-résistants à se démasquer, ils vont mettre au pied du mur les chefs nationalistes, ils vont prendre conscience que Mohamed ben Youssef n’est qu’un symbole, passager, et que leur but profond, réel, c’est d’être débarrassés de toute forme d’exploitation, pour une société sans classes et sans Etat.
Communiqué du MTLD paru dans Alger Républicain, le 1er septembre 1954
Le M.T.L.D. communique :
« Le Journal d’Alger » et la « Dépêche Quotidienne » dans leurs numéros respectifs des 30 et 31 août, ont relaté sous le titre tapageux « Scission au MTLD », un incident qui s’est produit dans le garage du parti, rue de Guesde à Belcourt, le samedi 28.
Texte collectif paru dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 4, 27 mai 1956
NOUS nous permettons, en qualité de spécialistes des problèmes arabes et islamiques, d’attirer l’attention sur l’évolution du problème algérien. On agite le spectre du panarabisme et du panislamisme pour déclarer qu’il est impossible de négocier en Algérie avec des gens qui adhèrent à ces doctrines. Nous ne nions pas l’existence de telles tendances, mais nous nions qu’elles soient déterminantes.
Article paru dans Tribune ouvrière, n° 3, juillet-août 1954, p. 5-6
Mendès-France élu avec l’ensemble des voix de l’assemblée, des communistes aux R.P.F., accentue la guerre en prétendant faire la Paix. Il avait particulièrement à s’occuper des questions coloniales, à savoir, solutionner la question d’Indochine à la suite de la défaite de Dien-Bien-Phu et de la situation dramatique de la Tunisie.
Le cessez-le-feu en Indochine a été décide à Genève. Nous laisserons à d’autres le soin de développer les marchandages auxquels il a pu donner lieu entre les deux blocs qui se disputent la domination du monde. La diplomatie, symbole de l’hypocrisie la plus raffinée, mise au service des causes les plus discutables, a joué à plein dans cette affaire. Quant à M. Mendès-France, devenu au bon moment chef du gouvernement français, il recueille modestement les lauriers réservés aux pèlerins de la paix. Reste à savoir si, même sans la venue de ce pacifiste rassurant pour les détenteurs de comptes en banque, la guerre d’Indochine ne se serait pas bientôt arrêtée faute, pour l’économie française, de pouvoir en supporter les frais.
Article de Michel Gérard paru dans Jeune Révolutionnaire, n° 3, août 1954, p. 8
L’Humanité du 6-7-54 et l’Observateur du 8 faisant état d’un éditorial de l’Algérie Libre (Organe du M.T.L.D.) intitulé : « La Crise Française », déplorent l’incompréhension des algériens, leur peu de logique et pour tout dire leur méfiance de cette gauche française qu’eux représentent.
Article signé Saint-Gérand paru en trois parties dans Le Libérateur,1ère année, n° 15, 1er août 1954 ; n° 16, 15 août 1954 ; n° 17, 29 août 1954.
L’Algérie, contrairement à ce que pensent certains de nos compatriotes, n’est pas la France. Elle a ses problèmes propres, elle souffre de ce cancer des temps modernes qui s’appelle le colonialisme ; en Algérie sévit un truquage calme et efficace des institutions républicaines, l’étouffement des libertés y est devenu systématique, la peur du peuple algérien se traduit par une scolarisation insuffisante et une brutale politique d’assimilation niant l’originalité de la culture maghribine et de la langue arabe. Enfin, l’inadaptation économique de ce pays de par la volonté de ses exploiteurs capitalistes n’a fait un pays riche, à population en grande majorité misérable.
Je viens de lire votre article dans le N° 35 de Contre le Courant, je l’ai déjà relu trois fois, et, plus je le lis, plus je vois clairement les causes de votre façon erronée d’aborder la très importante question du conflit russo-chinois. Permettez-moi d’exposer brièvement mon opinion au sujet de ce problème.
C’est le 29 et 30 juin que siègera à Kladno, au cœur du bassin minier tchécoslovaque, la Conférence des Groupes tchèques de l’Opposition de droite. Cette Opposition qui a à sa tête Jilek, Bolen, Muna, Neurath, etc., décida de ne pas reconnaitre le Comité Central (Gottwald, Reimann) élu au 5e Congrès du Parti Communiste tchécoslovaque ; elle désigna un autre Comité Central comprenant tous les chefs de l’Opposition de droite.
La crise de la Révolution russe, dont la crise du Parti russe et de l’Internationale Communiste est l’expression politique, est entrée dans une phase décisive. Le dernier acte de Thermidor est commencé. Le premier mot de cet acte est l’état de siège, le bannissement de Trotsky. Son ultime parole l’amènera à rejeter le dernier manteau qui fait encore obstacle au développement spontané de l’accumulation capitaliste ; ce sera la transformation du « capitalisme d’Etat existant dans un Etat prolétarien » (Nep) en un capitalisme d’Etat à direction bonapartiste durant une période transitoire se terminant par la remise en bail à l’Amérique de l’ex-Etat ouvrier et paysan devenant une semi-colonie (en premier lieu un marché).
Nous publions ci-dessous un article que le camarade Kurt Landau a adressé à Contre le Courant. Nous le faisons d’autant plus volontiers que nous jugeons indispensables les échanges d’opinion entre les oppositions des différents pays.
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