J’aurai le plaisir de participer demain, mercredi 11 février, à une table ronde sur le thème « France-Algérie : entre héritages coloniaux, mémoires plurielles et défis diplomatiques contemporains ».
Les autres intervenants seront l’ambassadeur Stéphane Romatet et la journaliste Nadia Henni-Moulaï.
SAKINNA, JEUNE ALGÉRIENNE, A TENU À TÉMOIGNER DANS « L’ANTI-RACISTE » DE SON EXPERIENCE, DECOURAGÉE DE NE PAS TROUVER D’EMPLOI EN FRANCE, ELLE EST PARTIE EN ALGERIE IL Y A QUELQUES MOIS. NOUS LIVRONS ICI UNE PREMIÈRE PARTIE DE SON INTERVIEW.
Article de Mohammed Harbi paru dans Les Temps Modernes, 50e année, n° 580, janvier/février 1995, p. 24-33
Sur la violence
Pouvoir et violence vont de pair en Algérie comme ailleurs. Toutefois, on sait que plus le pouvoir est légitimé, moins la violence se fait voyante. En Algérie, ce qui est particulier, c’est que la légitimation de la violence politique concerne la grande majorité des élites. On sait que l’Etat algérien est né d’un acte fondateur éminemment violent, violence tournée contre le colonisateur, mais aussi contre le colonisé. Le modèle du politique qui a gouverné les relations à l’intérieur du FLN comme dans les rapports avec la société a souvent été réduit au pouvoir du fusil. Il est vrai, les luttes entre Algériens avaient leurs sources dans l’histoire coloniale et dans celle du nationalisme. Comme le nationalisme n’a pas réussi à surmonter ces divisions, la guerre civile apparaissait comme une voie difficile à éviter. D’autre part, la proclamation d’une nation déjà formée et non d’un processus de formation d’une nation, ne permettait pas de comprendre l’attitude des communautés rurales qui, sans s’allier à la France, voulaient sauvegarder leur autonomie à l’égard des forces qui leur étaient extérieures. Au lendemain de l’Indépendance, le pouvoir comme ses opposants, à quelques rares exceptions, ne croyait qu’à la force brute. On a même vu en 1978 le pouvoir inciter des opposants à préparer des actions armées pour mieux les briser. Rousseau pensait que le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit.
Entretien de Hocine Aït Ahmed avec François Soudan, Jeune Afrique, n° 1335, 6 août 1986
Ahmed Ben Bella et Hocine Aït Ahmed à Londres, en décembre 1985 : « Ben Bella joue le jeu. »
L’un des trois survivants, avec Ahmed Ben Bella, parmi les chefs historiques de la révolution algérienne, il vit en exil depuis vingt ans. Combattant de la liberté et de la démocratie, il qualifie de « béquille » le parti unique et pense que son pays souffre d’« algériasclérose ».
Interview de Hocine Aït Ahmed parue dans Sou’al, n° 2, 1982, p. 110-133
QUESTION.- A-t-il existé une stratégie de lutte commune dans les trois pays du Maghreb ? Quels ont été les efforts déployés en vue de mettre en œuvre une stratégie commune, sur quels obstacles ces efforts ont-ils buté ?
Réponse – Je pense que nous retrouverons cette interrogation fondamentale dans la conjoncture, c’est-à-dire au fur et à mesure que les évènements se développent en Afrique du Nord. Stratégie commune, pourquoi ? Parce qu’il y a une communion affective profonde : les Maghrébins, pris collectivement ou individuellement, se sentaient liés par le même destin, et tout ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie était profondément ressenti et suivi en Algérie. C’est là un témoignage que je puis porter. Jeune, ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie me concernait directement, atteignait ma sensibilité de la même manière que ce qui pouvait se passer en Algérie. Nous étions pour la libération de nos pays respectifs, mais les frontières n’ont jamais été des frontières, il y avait donc communion inscrite dans l’intuition des hommes, des femmes de nos peuples. Cette communion ne tardera pas à acquérir un contenu politique.
Article de Hocine Aït Ahmed paru dans Le Scarabée international, n° 2, été 1982, p. 61-71
Le 22 octobre 1956, un avion d’Air Maroc, à bord duquel se trouvaient, par ordre alphabétique, Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider et Lacheraf du côté algérien, des journalistes marocains, français (Christian Dabor, Eve Paret) et américains (Thomas Brady du New York Times), a été détourné de force vers Alger, alors qu’il se rendait à Tunis. Il s’agit d’un des premiers actes de piraterie aérienne, sinon du premier ; en tout cas, le premier organisé et couvert par un Etat. Et bien qu’on ait tenté d’en faire assumer la responsabilité directe à des subalternes, c’est finalement un gouvernement qui a délibérément violé le droit international, en se rendant coupable d’un acte de piraterie, afin de régler un problème politique.
Comment les événements d’aujourd’hui doivent-ils être interprétés ?
MH. Il faut s’éclairer à la lumière du passé et donc d’abord revenir sur ce qu’est devenu le FLN.
Ce mouvement présente deux caractéristiques essentielles. La première, c’est son fonctionnement en fractions. Le FLN n’est pas un parti politique, on peut même dire qu’il est le cache-sexe derrière lequel se dissimule toute une série de groupements d’intérêts et de fractions qui ont pu s’emparer de l’Etat grâce à la guerre de libération.
Déclaration de Mohammed Harbi parue dans Sous le drapeau du socialisme, n° 116-117, novembre 1990
Après dix-sept ans d’exil, précédés de plusieurs années de prison sans jugement, je peux retrouver mon pays, en toute liberté.
Tout au long de cette épreuve, j’ai refusé les offres d’émissaires de l’État venus me proposer de troquer des privilèges contre le renoncement à mes droits. J’estimais, j’estime encore, que la démission morale commence avec l’acceptation de placer le droit de l’État au-dessus de celui des citoyens.
L’Algérie évolue très rapidement : impasse économique, développement du Front islamique du salut en passe de devenir la seule force d’opposition de masse à Chadli – bien que celui-ci de manière timorée et tardive joue l’ouverture démocratique -, crise sociale profonde : les jeunes mais surtout les femmes qui pourchassées par le FIS et étant l’objet de ses violences y compris physiques, ne cessent depuis deux ans de lutter contre une marginalisation encore plus grande sous couvert du code de la famille. C’est dans ce contexte que l’on parle avec insistance d’un retour de l’ancien président Ahmed Ben Bella, alors que les massacres d’octobre 1988 ont précipité la décomposition du régime.
Dans l’interview qui suit, Mohammed Harbi parle de l’Algérie, mais aussi de la nouvelle situation créée par la libération de Nelson Mandela, ou de celle ouverte par l’implosion des pays de l’Est et leurs incidences sur le continent africain et le tiers-monde en général.
Je voudrais tout d’abord préciser à quel titre et pourquoi je tiens à m’exprimer, par le moyen de cette Lettre, sur la situation actuelle en Algérie. Les militants de ma génération, qui ont connu la colonisation, combattu durant la période allant des années quarante à l’indépendance, se sont ensuite retrouvés confrontés aux responsabilités du pouvoir et qui, comme moi, ont toujours refusé de reconnaître une quelconque légitimité au régime issu du coup d’Etat militaire de 1965 – ces militants, dis-je, les uns en exil et les autres subissant en silence le joug dictatorial à l’intérieur de notre pays, ne peuvent pas ne pas être bouleversés par les massacres de la semaine sanglante d’octobre 1988. Bouleversés par l’image de nos enfants assassinés, les enfants de notre peuple pauvre, les enfants sans espoir ni avenir, les enfants dont les martyrs de nos montagnes et de nos villes pensaient qu’ils seraient les bénéficiaires de la libération de notre pays. Bouleversé, rageant d’impuissance face à la dictature militaro-bureaucratique, je le fus comme beaucoup d’autres. Je n’écris cette Lettre ni pour donner des leçons, ni pour fournir un programme et encore moins, ce qui est à la mode aujourd’hui, pour me projeter dans une quelconque et misérable logique de pouvoir maintenant que le régime aux mains sanglantes fait mine de s’ « ouvrir ». Je ne suis ni un chef « historique », ni le dirigeant d’une organisation, ni le détenteur d’une prétendue légitimité acquise en fonction de mon passé. Viendra sans doute un jour où, les uns et les autres, nous devrons analyser notre passé et mesurer le poids de nos erreurs et de nos vérités ; mais, face à nos enfants révoltés, que pèsent, notre passé et nos vérités ? Je suis un citoyen algérien, je parle ici en mon nom personnel et ce que je dis n’engage que moi-même. Un citoyen, rien de plus mais rien de moins.
« Écrivains algériens d’expression française : de la conquête coloniale aux guerres culturelles » : mon nouvel article vient de paraître dans Moyen-Orient (janvier-mars 2026).
Entretien de Mohammed Harbi avec Karim Benferhat paru dans La Tribune d’Octobre, n° 22, 25 juin-15 juillet 1990
MOHAMMED HARBI, HISTORIEN ET MILITANT ANTI-IMPERIALISTE, EST UN OBSERVATEUR AVERTI DE CE QUI SE DEROULE EN ALGÉRIE. LA DÉROUTE DU RÉGIME DU 19 JUIN 1965 AUQUEL IL A ÉTÉ À CE JOUR, UN OPPOSANT CONSÉQUENT, LA VICTOIRE DU FIS, LA PERTE D’IDENTITÉ CHEZ LES PARTISANS DU SOCIALISME, C’EST UN PEU AUTOUR DE CELA QUE NOUS L’AVONS INTERWIEVE DANS SON EXIL PARISIEN.
Article de Mohammed Harbi paru dans Les Temps Modernes, n° 452-453-454, mars-avril-mai 1984, p. 1697-1706
J’essayerai ici d’évoquer quatre thèmes : le rapport de l’émigration algérienne à la question nationale, l’idée du retour et l’attitude des forces de gauche à l’égard des immigrés, et enfin le devenir de l’émigration maghrébine.
Entretien de Mohammed Harbi avec Kuider Sami Naïr paru dans Les Temps Modernes, n° 432-433, juillet-août 1982, p. 34-55
I – Quelle analyse faisais-tu, en 1962, du FLN ?
En mars 1962, les masses algériennes s’identifiaient au FLN. C’était le parti victorieux. Chacun avait à cœur de faire l’effort nécessaire pour que l’action de l’OAS ne puisse pas empêcher le référendum d’autodétermination. Personnellement je considérais que le FLN n’était pas à la hauteur de la situation à laquelle il était confronté.
un ouvrage sur les militants anticolonialistes qui aidèrent le FLN pendant la guerre d’Algérie
IL y a déjà plusieurs semaines paraissait un livre de Patrick Rotman et Hervé Hamon, deux anciens journalistes de Politique Hebdo, les Porteurs de valises (1). Un livre qui se situe au tournant d’une époque, au moment où la société française commence à accepter son passé proche, celui de la guerre d’Algérie. Un récent sondage de l’Express révélait qu’une majorité de Français refuse en 1979 de condamner ceux qui, pendant cette sale guerre firent le choix de s’engager dans les réseaux d’aide au FLN, ceux que l’on appelait « les porteurs de valises ».
Entretien de Mohammed Harbi avec Pierre Delcourt paru dans Politique Hebdo, n° 179, du 19 au 25 juin 1975
une interview de Mohamed Harbi, membre du C.C. du F.L.N. algérien et directeur de l’hebdomadaire « Révolution Africaine » avant la destitution du président Ben Bella
Communication de Mohammed Harbi au colloque « Frantz Fanon : une pensée toujours en acte » tenu à Paris le 9 mai 2009 et parue dans Actualités & culture berbères, n° 62/63, automne/hiver 2009, p. 47-50
Ce thème n’a pas été choisi sans relation avec une série de faits récents : ruralisation des villes, accroissement du fossé entre les systèmes politiques administratifs et l’environnement social, résurgence dans le champ politique de solidarités anciennes.
C’est avec joie que nous apprenons que les camarades Mohammed Harbi et Hocine Zahouane ont retrouvé leur liberté de mouvement et d’action.
Militants de la première heure de la Révolution algérienne, représentants de son aile socialiste-révolutionnaire, leur résistance au Thermidor de Boumedienne leur a valu de nombreuse années d’emprisonnement arbitraire, sans procès, puis de résidence surveillée, ce qui suscita, dès le début, une campagne internationale pour leur libération ainsi que celle d’Ahmed Ben Bella.
Article paru dans Alger Républicain, 28 année, Nouvelle Série, n° 712, 31 octobre 1964
Dans le cadre de la quinzaine culturelle, le Comité de l’Algérie nouvelle a présenté au public de la salle Ibn Khaldoun, la première conférence politique de son calendrier.
Cette conférence, il faut le souligner, a connu un très grand succès et les derniers arrivés ont dû se contenter de la station debout. Ceci est dû à la fois à la personnalité du conférencier Mohammed Harbi mais aussi et surtout au sujet traité : « Le Parti et l’Etat », qui montre à l’évidence combien les problèmes politiques intéressent les gens.
Hocine Aït Ahmed, qui a accordé cette interview à Tribune internationale-La Vérité, est une figure importante dans l’histoire de la révolution algérienne.
Intervention de Hocine Aït Ahmed suivie de la réaction d’Ali Mécili lors du colloque tenu à Nanterre du 5 au 7 juin 1985 et dont les actes ont été publiés sous la direction de Jeanyves Guérin, Camus et la politique, Paris, L’Harmattan, 1986
Je suis venu ici à titre personnel, en admirateur de Camus. J’ai été un grand lecteur de ses ouvrages. On ne peut réduire un homme de sa taille à une séquence de l’histoire.
Mon nouvel article vient de paraître dans La Révolution prolétarienne (décembre 2025) sous le titre : « Comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ».
« Le FLN, mirage et réalité », tel est le titre de mon nouvel article qui vient de paraître dans le 67ème numéro de ContreTemps. Revue de critique communiste.
Article de Robert Ghnassia paru dans Non !, organe central des Jeunesses socialistes d’Algérie, deuxième année, n° 5, mars 1933 et n° 6, avril 1933
C’est avec de gracieux euphémismes, de discrètes formules que la presse nous entretient, comme ça, de temps en temps, de quelque chose de louche, de quelque chose qui n’irait pas, là-bas, en Mandchourie. Opérations militaires. Expéditions punitives, qu’ils écrivent, les journaux. Que de précautions, que de pharisaïques expressions ! Ce qu’elle veut la Presse, cette vache, c’est chloroformer l’opinion, lui expliquer, comme ca, que ça n’est pas grave du tout … et puisqu’on doit s’en foute, nous, de ces histoires chinoises. C’est un règlement de compte. Histoire de faire pénétrer la Civilisation chez les barbares de la Chine. Avec ce que dégueulent les canons civilisés et les avions du progrès. Une histoire qui n’intéresse pas la France. A peine quelques Français …
Article paru dans Maghreb Etudiant, bulletin intérieur de l’Association des étudiants musulmans nord-africains, 1966-1967, 1er trimestre
Le numéro 241 de « Minute » restera dans les annales : nul, jusque-là, n’avait été aussi loin dans l’excitation à la haine raciale.
Pour protester contre ce brûlot et ses congénères, une soirée très positive a été organisée à l’issue de laquelle le communiqué de presse suivant a été diffusé et l’association, assistée de Mes Théo Bernard et Joë Nordmann intentera un procès au directeur de « Minute » :
Depuis le 1er janvier se déroulent, en Algérie, les fêtes du Centenaire de l’occupation de ce pays par les Français.
A cette occasion, les propriétaires, les patrons, les banquiers, le gouvernement français essayent, sur tous les tons, de persuader les ouvriers et les paysans de France qu’ils sont alles dans votre pays pour vous donner la civilisation, que c’est avec douceur qu’ils se sont installés chez vous, que tous les Algériens sont heureux de les avoir dans leur pays.
Nous lisons dans Combat que deux tirailleurs algériens ont été condamnés à mort par le tribunal militaire d’Alger pour désertion à l’ennemi. Leur section tout entière se serait livrée à l’ennemi, il y a neuf ans, dans la Meuse, en pleine débâcle.
Article signé Andrée L. paru dans Le Marxiste-Léniniste, n° 46, novembre-décembre 1980
MEMOIRE
Nous publierons désormais sous cette nouvelle rubrique, MEMOIRE, des textes sur les évènements, dans l’histoire, dont le mois écoulé avant la sortie du ML marque l’anniversaire, qu’ils soient des témoignages, comme celui-ci, ou des éléments d’histoire, en repérant les origines et l’avenir.
Que notre mémoire soit ainsi un modeste hommage aux peuples révoltés depuis l’origine des temps de classe, et, à travers la reconnaissance de leur lent et difficile parcours vers le communisme, fonde aussi une tranquille certitude sur notre cause.
Article signé G. V. paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 108-109, novembre-décembre 1988
Après huit années de guerre de libération contre la France, après les énormes sacrifices consentis à la cause de son indépendance (un million de morts), tous les révolutionnaires de la planète espéraient que, malgré toutes les difficultés qui s’accumuleraient sur son chemin, le peuple algérien, en 1962, parviendrait à reconstruire son pays sur la base du socialisme. C’est-à-dire à travers une démarche politique consciente, de transition du capitalisme au socialisme, prenant en compte correctement l’état de la situation économique pour s’engager dans le développement de ses forces productives par l’autogestion sociale généralisée, la démocratie politique de masse.
Aux portes des usines, à l’embauche des chantiers, ils sont là, innombrables, reconnaissables à leur teint basané, à leur accoutrement différent. Les ouvriers français de France y sont également, escomptant le boulot mal payé, certes, mais qui procurera à la maisonnée le pain attendu. Et dans le fonds d’eux-mêmes, inconsciemment, ils maugréent contre ces intrus, ces « sidis » qui leur font une concurrence qu’ils estiment déloyale et qui, souvent pour un salaire moindre, vont les empêcher de trouver le travail dont ils ont tant besoin. Il n’y a pas que les indigènes algériens, mais aussi des pauvres diables de toutes nationalités : Polonais, Tchèques, Hongrois, Allemands, Italiens, Espagnols, etc., qui, chassés de leurs pays pour des raisons diverses, viennent solliciter des exploiteurs français leur maigre gagne-pain.
Article d’Yvonne Suiram paru dans Le Libertaire,28 septembre 1924
C’est à tous les camarades, hommes ou femmes que je veux m’adresser aujourd’hui, en leur parlant des indigènes algériens, si méprisés, si bafoués parmi le peuple français.
Oui, camarades, nous protestons contre les Américains, qui ne veulent pas admettre les noirs dans les lieux publics : transports en commun, théâtres, etc., et nous, habitants d’un pays qui a la réputation d’être hospitalier et accueillant à tous, nous maltraitons ceux que nous avons attirés chez nous en leur promettant le bien-être qu’ils ne peuvent plus trouver chez eux, depuis que nos généraux assassins sont allés porter la civilisation à coups de fusil et de canon.
La population algérienne indigène comme européenne est des plus hétéroclites. La partie indigène se compose d’une multitude de races. Berbères, Kabyles, Mozabites, Turcs, etc. et cela est important. Car entre elles de vieilles haines existent, attisées aujourd’hui par l’impérialisme. Par ailleurs il y a l’élément juif.
Article de Mohamed Saïl paru dans Le Libertaire, quatrième série, trente-et-unième année, n° 4, 25 avril 1925
Notre cri d’alarme de septembre dernier n’a pas été entendu. Le fameux décret-loi est appliqué depuis cinq mois, et nos camarades indigènes algériens élevés au rang de grand prolétariat par le séquestre, les expropriations et la mercante, n’ont même plus la suprême ressource de procurer à leur marmaille famélique une maigre galette d’orge en louant leurs bras hors de la colonie, dans les usines de France, qu’ils ont contribué à sauver de la horde germanique (style patriotard.)
« Les événements qui secouent depuis Samedi plusieurs villes marocaines dont ( … ) Casablanca ( … ) viennent confirmer la gravité de la situation que vivent les masses marocaines exploitées par le grand Capital et les multinationales et acculées à subir les conséquences désastreuses de la guerre d’agression que mène le régime de Rabat contre le peuple Sahraoui ».
Discours prononcé par Ahmed Ben Bella, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, 17e session, 1147e séance plénière, 9 octobre 1962
A view of the Assembly as representatives gave Mr. Ben Bella a standing ovation on his way to the rostrum to address the Assembly. (Source)
M. BEN BELLA (Premier Ministre de la République algérienne démocratique et populaire) : Au nom du peuple algérien et de son gouvernement, il m’est agréable d’exprimer à votre assemblée nos vifs remerciements pour le vote unanime qui vient de consacrer notre admission dans la grande famille des Nations Unies.
C’est l’appel de détresse, c’est le cri de douleur que lancent les parias de la terre algérienne à tous les êtres vraiment humains, à tous les honnêtes gens qui ont une âme sensible et un cœur juste. Comme tout être humain, nous sommes nés pour vivre librement ; de même constitution organique, de même composition de corps, notre chair souffre comme la leur, lorsqu’elle est meurtrie par la faim et notre esprit ressent la douleur atroce de l’oppression lorsqu’elle sévit.
Raymond Denis, collaborateur du « Petit Parisien » journal de la pourriture capitaliste, vient de relater, dans une série d’articles, la vie des Kabyles en France et en Algérie.
Article d’André Chouraqui paru dans La Jeune Garde, n° 3, 29 août 1936
N.D.L.R.
La lutte contre le colonialisme est une des tâches des révolutionnaires dont le souci est d’affaiblir, pour le mieux écraser, leur propre impérialisme. Les questions coloniales seront donc régulièrement traitées dans la Jeune Garde. Dès maintenant notre camarade André Chouraqui délégué à la propagande de la fédération des J. S. d’Alger, nous écrit : « Nous collaborons régulièrement à votre journal, pour décrire dans tous les détails la situation du peuple d’Algérie : sa misère effroyable, le sort lamentable physique et moral de sa jeunesse, ses aspirations, ses volontés ».
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo, paru dansSous le drapeau du socialisme, n° 66, octobre 1975
Il s’agit d’une importante contribution à l’histoire réelle du mouvement national algérien destinée à faciliter la compréhension de la révolution algérienne depuis son commencement.
Article de Robert Bonnaud paru dans La Quinzaine littéraire, n° 216, 1er septembre 1975
L’historiographie de la révolution algérienne entre dans une ère nouvelle. Le livre de Mohammed Harbi (Aux origines du FLN : le populisme révolutionnaire en Algérie, Bourgois, 1975), venant après celui de Vatin (L’Algérie politique : histoire et société, Colin) et les témoignages importants de Lebjaoui (Vérités sur la révolution algérienne et Bataille d’Alger ou bataille d’Algérie ? Gallimard), en est le signe éclatant.
Article de Christian Picquet paru dans Rouge, n° 1139, 14 au 20 décembre 1984
« La guerre commence en Algérie » de Mohammed Harbi, Editions Complexe.
De même qu’on peut parler d’un syndrome vietnamien aux Etats-Unis, il existe un véritable traumatisme algérien en France. Les événements actuels de la Nouvelle-Calédonie l’illustrent parfaitement.
IL y a trente ans, le 1er novembre 1954, la nuit algérienne s’étoilait brutalement d’une trentaine d’actions armées, et rares furent ceux qui comprirent qu’il s’agissait là de la suite et du début d’une longue histoire : celle de la guerre d’Algérie et celle de la révolution algérienne.
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo paru dansSous le drapeau du socialisme, n° 99, février 1985
La réflexion de Mohammed Harbi sur le mouvement national algérien reste jusqu’à ce jour la plus profonde, celle qui éclaire le contexte historique, social, politique, culturel, dans lequel ce mouvement se développe, s’entredéchire de crise en crise, transcroît en direction d’une des plus grandes révolutions coloniales de l’après-guerre.
Article de Mohammed Harbi paru dans Jeune Afrique, n° 1020, 23 juillet 1980
Après l’article de K.S. Naïr paru dans le précédent numéro, nous publions aujourd’hui un autre commentaire critique du manifeste de Ahmed Ben Bella (voir J.A. n° 1014). Il émane de Mohammed Harbi, auteur de deux livres sur la révolution algérienne (Aux origines du FLN. Editions Bourgois 1975 et le FLN. Mirage et Réalité, Editions J.A. 1980) et ancien conseiller du premier président de la République algérienne. Bien entendu, le débat continuera dans nos prochaines livraisons.
Texte de la conférence de Jean-Louis Hurtz donnée à Alger et paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 108/109, novembre-décembre 1988
Il y a un paradoxe. L’œuvre de Fanon a été plus lue, au moment de sa parution, en Occident que dans le tiers-monde. Ce n’est pas seulement parce que les librairies des éditions du Seuil ou Maspero se trouvaient au Quartier Latin. C’est aussi parce que le message de Fanon – je pense surtout aux « Damnés de la Terre » – répondait chez les jeunes Français de mon âge, à la fin de la guerre d’Algérie, à une formidable demande.
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