Déclaration de Mohammed Harbi parue dans Sous le drapeau du socialisme, n° 116-117, novembre 1990
Après dix-sept ans d’exil, précédés de plusieurs années de prison sans jugement, je peux retrouver mon pays, en toute liberté.
Tout au long de cette épreuve, j’ai refusé les offres d’émissaires de l’État venus me proposer de troquer des privilèges contre le renoncement à mes droits. J’estimais, j’estime encore, que la démission morale commence avec l’acceptation de placer le droit de l’État au-dessus de celui des citoyens.
L’Algérie évolue très rapidement : impasse économique, développement du Front islamique du salut en passe de devenir la seule force d’opposition de masse à Chadli – bien que celui-ci de manière timorée et tardive joue l’ouverture démocratique -, crise sociale profonde : les jeunes mais surtout les femmes qui pourchassées par le FIS et étant l’objet de ses violences y compris physiques, ne cessent depuis deux ans de lutter contre une marginalisation encore plus grande sous couvert du code de la famille. C’est dans ce contexte que l’on parle avec insistance d’un retour de l’ancien président Ahmed Ben Bella, alors que les massacres d’octobre 1988 ont précipité la décomposition du régime.
Dans l’interview qui suit, Mohammed Harbi parle de l’Algérie, mais aussi de la nouvelle situation créée par la libération de Nelson Mandela, ou de celle ouverte par l’implosion des pays de l’Est et leurs incidences sur le continent africain et le tiers-monde en général.
Je voudrais tout d’abord préciser à quel titre et pourquoi je tiens à m’exprimer, par le moyen de cette Lettre, sur la situation actuelle en Algérie. Les militants de ma génération, qui ont connu la colonisation, combattu durant la période allant des années quarante à l’indépendance, se sont ensuite retrouvés confrontés aux responsabilités du pouvoir et qui, comme moi, ont toujours refusé de reconnaître une quelconque légitimité au régime issu du coup d’Etat militaire de 1965 – ces militants, dis-je, les uns en exil et les autres subissant en silence le joug dictatorial à l’intérieur de notre pays, ne peuvent pas ne pas être bouleversés par les massacres de la semaine sanglante d’octobre 1988. Bouleversés par l’image de nos enfants assassinés, les enfants de notre peuple pauvre, les enfants sans espoir ni avenir, les enfants dont les martyrs de nos montagnes et de nos villes pensaient qu’ils seraient les bénéficiaires de la libération de notre pays. Bouleversé, rageant d’impuissance face à la dictature militaro-bureaucratique, je le fus comme beaucoup d’autres. Je n’écris cette Lettre ni pour donner des leçons, ni pour fournir un programme et encore moins, ce qui est à la mode aujourd’hui, pour me projeter dans une quelconque et misérable logique de pouvoir maintenant que le régime aux mains sanglantes fait mine de s’ « ouvrir ». Je ne suis ni un chef « historique », ni le dirigeant d’une organisation, ni le détenteur d’une prétendue légitimité acquise en fonction de mon passé. Viendra sans doute un jour où, les uns et les autres, nous devrons analyser notre passé et mesurer le poids de nos erreurs et de nos vérités ; mais, face à nos enfants révoltés, que pèsent, notre passé et nos vérités ? Je suis un citoyen algérien, je parle ici en mon nom personnel et ce que je dis n’engage que moi-même. Un citoyen, rien de plus mais rien de moins.
Article de Mohammed Harbi paru dans Les Temps Modernes, n° 452-453-454, mars-avril-mai 1984, p. 1697-1706
J’essayerai ici d’évoquer quatre thèmes : le rapport de l’émigration algérienne à la question nationale, l’idée du retour et l’attitude des forces de gauche à l’égard des immigrés, et enfin le devenir de l’émigration maghrébine.
Entretien de Mohammed Harbi avec Kuider Sami Naïr paru dans Les Temps Modernes, n° 432-433, juillet-août 1982, p. 34-55
I – Quelle analyse faisais-tu, en 1962, du FLN ?
En mars 1962, les masses algériennes s’identifiaient au FLN. C’était le parti victorieux. Chacun avait à cœur de faire l’effort nécessaire pour que l’action de l’OAS ne puisse pas empêcher le référendum d’autodétermination. Personnellement je considérais que le FLN n’était pas à la hauteur de la situation à laquelle il était confronté.
Conversation entre Mohammed Harbi et Loftallah Soliman parue dans Sous le drapeau du socialisme, n° 118-119, avril-mai 1991
Les objectifs qui avaient poussé les États-Unis à la guerre dans le Golfe leur semblent atteints.
Ils viennent de retrouver un certain leadership sur la scène internationale et effacent ainsi leur défaite historique au Viet-Nam qui les avait conduits au déclin politique.
Communication de Mohammed Harbi au colloque « Frantz Fanon : une pensée toujours en acte » tenu à Paris le 9 mai 2009 et parue dans Actualités & culture berbères, n° 62/63, automne/hiver 2009, p. 47-50
Ce thème n’a pas été choisi sans relation avec une série de faits récents : ruralisation des villes, accroissement du fossé entre les systèmes politiques administratifs et l’environnement social, résurgence dans le champ politique de solidarités anciennes.
C’est avec joie que nous apprenons que les camarades Mohammed Harbi et Hocine Zahouane ont retrouvé leur liberté de mouvement et d’action.
Militants de la première heure de la Révolution algérienne, représentants de son aile socialiste-révolutionnaire, leur résistance au Thermidor de Boumedienne leur a valu de nombreuse années d’emprisonnement arbitraire, sans procès, puis de résidence surveillée, ce qui suscita, dès le début, une campagne internationale pour leur libération ainsi que celle d’Ahmed Ben Bella.
Hocine Aït Ahmed, qui a accordé cette interview à Tribune internationale-La Vérité, est une figure importante dans l’histoire de la révolution algérienne.
Militant indépendantiste depuis 1942, il a fait partie dès février 1947 des instances dirigeantes du PPA-MTLD. Membre fondateur du Front Algérien de Libération Nationale, représentant de la Révolution algérienne à la conférence de Bandoeng en août 1955, il mène depuis 1962 une action en faveur de la démocratie en Algérie, d’abord au sein de l’Assemblée Nationale Constituante, et ensuite dans l’opposition. Il dirige le Front des Forces Socialistes depuis 1963.
Tous les hommages rendus au frère Fanon à l’occasion de son inhumation – selon son dernier souhait – en terre algérienne, contrôlée par l’armée de libération, soulignaient ses grandes qualités intellectuelles, son militantisme multiforme ainsi que son désintéressement total.
Mon nouvel article vient de paraître dans La Révolution prolétarienne (décembre 2025) sous le titre : « Comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ».
« Le FLN, mirage et réalité », tel est le titre de mon nouvel article qui vient de paraître dans le 67ème numéro de ContreTemps. Revue de critique communiste.
A l’heure où plus que jamais sévit, non seulement au Maroc, mais dans toute notre Afrique du Nord, le régime du vol, du massacre et de la spoliation, à l’heure où se multiplient les bombardements des villages marocains par avions, et les hécatombes de ceux qui persistent à défendre leur pays contre l’envahisseur cupide et cruel, à l’heure enfin, où les Arabes d’Algérie et de Tunisie, bien qu’ayant laissé 80.000 des leurs dans les tranchées subissent, plus brutal que jamais le Code féroce et honteux de l’Indigénat, il me plaît de montrer ici que ces victimes de la Force ne sont pas les brutes et les sauvages, la race inférieure que le vainqueur ne cesse de nous présenter, sans doute pour atténuer son crime. Et pour cela, il me suffira de dire, ici, ce que furent à travers les siècles l’âme poétique et le génie littéraire des vaincus.
Article paru dans Sous le drapeau du socialisme, revue de la Commission africaine de la Quatrième Internationale, n° 15, mars 1965 ; suivi de« Pourquoi ils ont tué Malcolm X », paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 16, avril 1965
Aux Etats-Unis, la plus grande « démocratie » du monde capitaliste, l’Etat est au service des monopoles qui exploitent le monde entier.
La mort de Malcolm X, assassiné à un moment qui aurait pu être le début de l’œuvre de sa vraie vie, a été un coup cruel au mouvement d’émancipation aux Etats-Unis et à la cause des opprimés de tous les pays.
Les chefs de la Deuxième Internationale ont trahi le socialisme et les intérêts de la classe ouvrière. Depuis 1914, ils font, au sein du prolétariat, la besogne de la bourgeoisie. Ils ont perdu, dans l’abandon de leur doctrine de lutte de classe, toute retenue et toute pudeur. Ce sont là des vérités premières que des faits nouveaux confirment tous les jours et qu’il n’est pas mauvais de répéter sans se lasser.
Article signé G. V. paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 108-109, novembre-décembre 1988
Après huit années de guerre de libération contre la France, après les énormes sacrifices consentis à la cause de son indépendance (un million de morts), tous les révolutionnaires de la planète espéraient que, malgré toutes les difficultés qui s’accumuleraient sur son chemin, le peuple algérien, en 1962, parviendrait à reconstruire son pays sur la base du socialisme. C’est-à-dire à travers une démarche politique consciente, de transition du capitalisme au socialisme, prenant en compte correctement l’état de la situation économique pour s’engager dans le développement de ses forces productives par l’autogestion sociale généralisée, la démocratie politique de masse.
Article de Mustapha Khayati publié anonymement dans Sou’al, n° 1, décembre 1981
XXX
Lettre de Casablanca
Chers amis,
Votre prospectus de présentation de Sou’al m’est parvenu par l’intermédiaire d’amis Français. J’espère que votre revue se fera la voix de tous ceux qui, dans nos pays, sont obligés de se taire ou d’aller en prison.
Personne n’a pris ni ne prendra la défense des émeutiers de Casablanca, même si pas mal de monde dénonce la répression qui s’abat sur eux ; car ils font peur à tout le monde politique, comme ils sont la terreur des bourgeois. Dans ce qui suit, je veux non seulement donner raison aux insurgés Casablancais, mais encore leur rendre hommage en cherchant théoriquement la vérité que leur action pratique voulait exprimer.
L’arrogance fasciste est de plus en plus grande. Les chemises noires se sentent les maîtres incontestés de la péninsule. Leurs manifestations nationalistes outrancières deviennent permanentes.
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo, paru dansSous le drapeau du socialisme, n° 66, octobre 1975
Il s’agit d’une importante contribution à l’histoire réelle du mouvement national algérien destinée à faciliter la compréhension de la révolution algérienne depuis son commencement.
Le 3 octobre, le jour même où les dépêches d’agence annonçaient que les espagnols entrés sans combat dans Ajdir, l’avaient razziée et incendiée, M. Painlevé prononçait à Nîmes un grand discours dans lequel il donnait enfin connaissance des propositions de paix faites trois mois auparavant de façon assez vague par les espagnols et les français à Abd-el-Krim.
Le passage d’une partie toujours plus importante d’intellectuels aux côtés du prolétariat révolutionnaire et du socialisme est un phénomène caractéristique de la décomposition avancée du régime capitaliste et de la dégradation des « valeurs » idéologiques et morales qui animaient autrefois l’intelligentzia à son service.
Edward Said. L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident ; préface de Tzvetan Todorov, traduit de l’américain par Catherine Malamoud, Paris, Seuil, 1980, 393 p.
Revu par Michel Seurat*
On l’aura deviné avant même d’avoir lu son ouvrage : dans L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Edward Said règle des comptes. Et sa colère est juste … sinon toujours justifiée.
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo paru dansSous le drapeau du socialisme, n° 99, février 1985
La réflexion de Mohammed Harbi sur le mouvement national algérien reste jusqu’à ce jour la plus profonde, celle qui éclaire le contexte historique, social, politique, culturel, dans lequel ce mouvement se développe, s’entredéchire de crise en crise, transcroît en direction d’une des plus grandes révolutions coloniales de l’après-guerre.
Texte de la conférence de Jean-Louis Hurtz donnée à Alger et paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 108/109, novembre-décembre 1988
Il y a un paradoxe. L’œuvre de Fanon a été plus lue, au moment de sa parution, en Occident que dans le tiers-monde. Ce n’est pas seulement parce que les librairies des éditions du Seuil ou Maspero se trouvaient au Quartier Latin. C’est aussi parce que le message de Fanon – je pense surtout aux « Damnés de la Terre » – répondait chez les jeunes Français de mon âge, à la fin de la guerre d’Algérie, à une formidable demande.
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo paru dansSous le drapeau du socialisme, organe de la Tendance marxiste révolutionnaire internationale, n° 86, février-mars 1981
Avec le travail historique qu’il a entrepris sur le mouvement national algérien, Mohammed Harbi apporte une contribution majeure à notre connaissance d’un type de mouvements et de sociétés qui dépasse le cadre algérien. Son analyse du mouvement national algérien de 1926 à 1962, et en particulier du M.N.A. et du F.L.N., dénote une connaissance approfondie des faits, des idées et des hommes qui ont marqué ce mouvement.
C’est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître aux Editions Jeune Afrique. L’auteur en est Mohammed Harbi, qui a été un haut apparatchik du F.L.N., conseiller de Ben Bella, opposant à Boumediene, exilé en France depuis 1973.
Le document que nous publions ci-dessous est la première partie d’une étude rédigée par le camarade Meir Vilner, secrétaire du Bureau Politique du Parti Communiste d’Israël, député à la Knesset, à l’intention du numéro spécial de la revue Les Temps Modernes consacré au conflit israélo-arabe. On se souvient que ce numéro, bouclé le 27 mai 1967, avant le Blitzkrieg israélien, était sorti des presses après le cessez-le-feu.
La revue Les Temps modernes vient de consacrer un numéro spécial, qui est une véritable somme, au conflit israélo-arabe. Ce numéro a été élaboré et imprimé avant la crise aigüe de mai-juin dernier. Madeleine Réberioux, maître-assistant à la Sorbonne, l’a passé au crible.
Article d’André Serfati paru dans Partisans, n° 3, février 1962, p. 68-77 ; suivi de Roger Benaben « N’est-il pas déjà trop tard », Partisans, n° 4, avril-mai 1962, p. 185-187
Ne à Oran (Algérie), je suis Algérien. Le reste est accessoire ; ma qualité de juif, par exemple, fournira certains éléments pour la compréhension de ma prise de conscience, mais pas davantage.
De nationalité, de race et d’affiliation politique différentes, mais d’accord pour lutter pour l’indépendance immédiate et sans conditions des nations colonisées ou « protégées », nous avons pensé qu’il était nécessaire dans la situation présente de créer une revue antiimpérialiste intercoloniale de langue française.
Monsieur le Président de la Commission des Réformes,
Messieurs les Membres,
Avant d’aborder le sujet pour lequel je suis ici, je veux remercier infiniment la Commission qui me fait l’honneur aujourd’hui de me permettre de m’exprimer, après mon retour d’Aïn Salah, sur les revendications musulmanes à l’ordre du jour.
Le Congrès de Nîmes du Syndicat national des instituteurs a de nouveau appelé l’attention sur les progrès du cléricalisme dans certaines régions, comme en Vendée, où le nombre des écoles dites « libres » (c’est-à-dire confessionnelles, catholiques) surpasse aujourd’hui le nombre des écoles publiques.
Article paru dans Les Langues modernes, revue et bulletin de l’association des professeurs de langue vivante de l’enseignement public, 60e année, n° 3, mai-juin 1966, p. 108-116
En mai 1965, le poète Langston Hughes et deux jeunes romanciers, Paule Marshall et Melvin Kelley, furent invités à Paris, par le Centre Culturel Américain pour animer un Colloque sur la littérature noire américaine. Sim Copans, spécialiste du jazz et de la culture noire, voulut bien se joindre aux écrivains en visite pour répondre aux questions de Pierre Dommergues qui organisa cette « table ronde » et de Michel Fabre. Grâce à l’amabilité de Mr. Belcher, le Directeur du Centre qui nous preta locaux et matériel d’enregistrement, cette « table ronde » put avoir lieu la veille du Colloque. Le manque de place nous contraint à ne reproduire que l’essentiel de ces deux heures de discussion.
Article de Langston Hughes paru dans Monde, septième année, n° 303, 8 juin 1934, p. 10; publié initialement en octobre 1931 dans New Masses sous le titre « People Without Shoes »
En vertu d’un accord conclu récemment entre le Président Roosevelt et le Président Sténio Vincent de Haïti, la classe favorisée des Haïtiens, celle qui porte des chaussures, se voit attribuer un vague contrôle de la politique et des finances de son pays. La marine américaine doit évacuer en octobre prochain, mais cela ne signifie aucune amélioration du sort des masses haïtiennes ; cela montre simplement que les dirigeants indigènes ont prouvé leur fidélité de chien de garde du capital et que l’on peut compter sur eux pour remplir les fonctions d’agents de Wall Street. Ils vont se vanter d’avoir mis les Américains à la porte, mais ils ne font en réalité et fixer d’autant plus solidement que moins ouvertement le joug de Wall Street sur les épaules des ouvriers aux pieds nus et aussi des prolétaires en faux-cols. Aussi, dans le « Daily Worker », l’éminent écrivain noir américain, Langston Hughes, nous parle de Haïti en termes qui nous montrent au grand jour ce pays qui, selon lui, est devenu l’arbre fruitier du capitalisme américain, où le prolétariat noir est odieusement opprimé, et où la pauvreté des classes laborieuses n’a pas de limite. L’article de Langston Hughes jette une lueur nouvelle sur ce qui est devenu le terrain de chasse de l’impérialisme américain.
1925 aura été une année significative. Celle où l’impérialisme a commencé à ressentir les effets d’une indigestion.
Le capitalisme lui-même, pendant la curée, s’était gavé, il avait englouti d’immenses territoires, il en avait arraché d’autres à l’Allemagne vaincue et les avait avalés malgré la débilité de son organisme. Aujourd’hui il étouffe. Insatiable, il ne veut même pas en vomir une partie, de crainte de rendre tout ce qui lui pèse sur l’estomac et de mourir d’inanition.
La question algérienne est aujourd’hui posée avec acuité devant le peuple français. La constitution en cours d’élaboration devra tenir compte, en effet, de la revendication essentielle de l’immense majorité des populations algériennes : la liberté. Toute mauvaise volonté à cet égard entraînerait aux plus graves conséquences. Pour qui en douterait, il suffit de rappeler les élections du 2 juin en Algérie.
Article signé N. Marc paru dans Quatrième Internationale, Nouvelle Série, n° 20-21, juillet-août 1945, p. 5-20; suivi de « Algérie », paru dans Quatrième Internationale, n° 22-23-24, sept.-oc.-nov. 1945, p. 37-38
I. – LE SABRE ET LE GOUPILLON
Les Journées d’Août.
Il y a près d’un an, aux derniers jours du mois d’août, les armées anglo-américaines approchaient prudemment des portes de Paris : le « mur de l’Atlantique » s’était effondré et ce qui subsistait des armées nazies reflouait par le cou- loir de Paris, vers l’Alsace et vers le Rhin … ; mais une inconnue subsistait :
Après quatre années de dictature nazie et vichyssoise, la France se trouvait privée d’un gouvernement central : l’ancienne autorité et l’ancienne « légalité » s’étaient effondrées ; les destructions opérées dans le système des transports avaient fait retourner l’ensemble du pays à l’autonomie de facto des villes et des provinces complètement isolées les unes des autres. Depuis le 17 août, les cheminots s’étaient mis en grève. La plupart des usines étaient fermées. Qu’allait-il se passer dans la capitale, sur les débris de l’ancienne légalité ?
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté, n° 381, juin 1979, p. 17-19
Au delà des déterminations sociales et historiques, le racisme vit sur le terreau psychologique de l’être humain. Il atteint profondément la conscience de celui qui en est victime comme de celui qui en est l’artisan.
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté, n° 324, novembre 1973, p. 9-10
IL est impossible de faire en quelques lignes une présentation d’ensemble, cohérente, d’une information aussi fournie que celle portant sur la guerre d’octobre 1973 entre l’Egypte, la Syrie et Israël. Ce qui nous intéresse dans le cadre de cet article, ce sont – quelles que soient les opinions politiques exprimées ou implicites des rédacteurs – les resurgissements possibles, les expressions d’un système de pensée raciste, car, dans le cas de cette guerre, les belligérants sont des peuples lourdement atteints par un tel système. On trouvera ici des remarques faites à partir de la lecture exhaustive de deux grands quotidiens d’information (France-Soir et Le Parisien Libéré), du 8 au 22 octobre 1973.
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté,n° 319, 21 mars 1973, p. 24-26
VOILA beaucoup de guillemets, mais c’est qu’il est difficile de se servir de « race », « industrie », « Tiers » Monde, sans tomber dans le piège de les prendre pour des vérités bien claires. Monde « industriel », « Tiers » Monde … qu’est-ce à dire ? Il n’y a qu’un seul monde du point de vue économique ; si l’industrie de transformation est cantonnée étroitement dans une petite partie du monde, elle n’en est pas moins fonction des matières premières, de la main-d’œuvre et des marchés du monde entier. Le monde « tiers » (troisième roue de la bicyclette pour ce qui concerne les décisions, bel et bien l’une des deux roues du char pour le fonctionnement de l’industrie moderne) est tiers du point de vue du pouvoir, car du point de vue économique il est, face au monde industriel, l’autre pièce maîtresse de l’économie mondiale. C’est donc avec la plus grande méfiance – et de là les guillemets – qu’on peut utiliser des termes qui présentent comme séparé et différent ce qui est en réalité profondément homogène et solidaire.
Voici un gros ouvrage qui, de 1930 à 1960, retrace l’agonie du colonialisme français. Pendant toutes ces années, l’auteur a été un militant de l’action de solidarité et de soutien qui, partant de la métropole, appuyait les divers mouvements qui devaient aboutir à la libération des colonisés. Une libération en tant que colonisés seulement, la libération en tant que travailleur et en tant qu’homme restant à accomplir, dans les pays nouvellement indépendants, comme dans les pays anciennement colonisateurs. L’auteur ne se fait pas d’illusions sur ce point.
Editorial de Charles Paveigne paru dans La Cause du communisme, n° 9, 2ème trimestre 1985, p. 4-7
Ce numéro de la Cause du Communisme poursuit notre réflexion sur la crise que traverse le monde capitaliste contemporain, en l’élargissant au champ politique.
Notre dernière parution abordait en effet essentiellement les bases économiques de la crise. Bien que cet aspect de l’analyse soit loin d’être épuisé, et, qu’au contraire, de nombreuses questions nous aient été posées pour éclairer tel ou tel point de ce premier exposé, nous avons estimé qu’il était nécessaire de commencer à tracer immédiatement un lien entre les aspects économiques et les aspects politiques de la crise.
Enquête de Dominique Delhoume parue dans Droit et Liberté,n° 317, janvier 1973
LE 28 novembre au soir, une rafale de pistolet mitrailleur troue le silence de la nuit au commissariat de Versailles : M. Mohamed Diab, 32 ans, chauffeur-livreur, s’écroule après avoir fait quelques pas. Et succombe aussitôt …
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