Article d’André Mistral paru dans Spartacus, n° 89, février-mars 1978, p. 18-19

Article d’André Mistral paru dans Spartacus, n° 89, février-mars 1978, p. 18-19

Lettres publiées dans Le Brise-Glace, n° 2-3, printemps 1989, p. 28.

Début octobre 1988
Bonjour,
(…) J’ai passé une dizaine de jours au bord de la mer (…) la mer ici c’est tout ce qui reste de beau. Notre pays est en train de vivre un moment très difficile, une grande crise économique. L’inflation bat son plein, ce qui augmente le nombre des corrompus d’un chiffre considérable. La corruption est partout. Ça touche même les couches du peuple. Le peuple souffre et se lamente avec un silence qui se fera entendre bien haut tôt ou tard. Car il y a ici un vrai ras-le-bol. Mais voilà, malheureusement, les leaders manquent, l’organisation des masses populaires n’existe pas.
Article paru dans l’Encyclopédie des nuisances, n° 6, février 1986, p. 124-127.

Appel paru dans Résistance, bulletin édité par la délégation extérieure du Parti de l’avant-garde socialiste (O.R.P.), n° 26, juin-juillet 1968, p. 18.

Après les graves incidents qui ont eu lieu dans le quartier de Belleville à Paris, la Délégation Extérieure du Parti de l’Avant-Garde Socialiste (O.R.P.) se félicite de ce que les travailleurs et commerçants algériens et maghrébins du quartier aient refusé dans leur majorité de céder aux provocations, à la violence.
Article paru dans Union ouvrière, n° 9, 15 septembre 1975, p. 5.

S’il faut aujourd’hui une grande capacité d’abstraction au prolétaire moderne pour imaginer une société où les activités de JEU des hommes, loin de se définir comme « LOISIRS », c’est-à-dire comme simple intervalle entre deux périodes de TRAVAIL, puissent ne faire qu’un avec leur vie la plus quotidienne (dans ce qu’elle a de plus pratique y compris), on n’en peut rechercher la cause ailleurs que dans l’histoire de cette longue dépossession de lui-même qu’a été l’histoire de la DIVISION DE LA SOCIETE EN CLASSES et du développement de la DIVISION DU TRAVAIL.
Texte de la conférence de presse du MTLD à Paris, le 29 juillet 1953.

Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en Algérie (M. T. L. D.)
Conférence de presse sur les incidents sanglants du 14 Juillet 1953 et le problème de l’émigration algérienne en France
Paris, le 29 juillet 1953
Déclaration de la Fédération anarchiste parue dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953

LE 14 JUILLET 1953 a été l’occasion, à Paris, d’un coup de force de la police, sur l’ordre de l’impérialisme français, contre les travailleurs nord-africains.
Le caractère prémédité de la fusillade qui a fait SEPT MORTS ne fait aucun doute. L’impérialisme français ne peut plus tolérer que des travailleurs venus des pays coloniaux affichent, au coude à coude avec les travailleurs français, leur volonté de se libérer, de conquérir leur dignité et leur indépendance.
Article de René Lustre paru dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953.

L’ASSASSINAT des sept Nord-Africains sur la place de la Nation, le 14 juillet, a soulevé l’indignation populaire. Malgré toute la bonne volonté déployée par la presse dite d’information pour enlever la responsabilité directe aux forces policières de l’impérialisme, personne ne put croire aux versions données et toutes différentes.
Lettre d’Albert Camus parue dans Le Monde, 19-20 juillet 1953.

M. Albert Camus nous a adressé la lettre suivante :
« Monsieur le directeur,
« Un certain nombre de vos lecteurs, dont je suis, n’auront pas appris sans une certaine admiration qu’en conclusion de la tuerie du 14 juillet le gouvernement avait ouvert une information contre X pour violences à agents. Il y a là en effet un assez bel exemple de cynisme.
Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte. Mensuel ouvrier révolutionnaire, n° 19, mars 1978, p. 12-13

Voilà quelques années que le pouvoir a promulgué la « gratuité des soins ». Il prétendait de cette façon résoudre les carences du système de santé. La « gratuité des soins » était (elle l’est encore) présentée comme une preuve de la nature socialiste du régime.
Extrait de Jean-François Lyotard, « L’Algérie évacuée », Socialisme ou Barbarie, n° 34, mars-mai 1963, p. 1-7

Les lignes qui suivent n’ont pas pour objet de définir une politique révolutionnaire en Algérie. La question du sort de ce pays ne se pose plus et ne se pose pas encore de cette manière. Plus, parce que l’élan qui animait les masses au cours de la lutte nationale est maintenant brisé : il n’y a pas eu de révolution. Pas encore, parce que les problèmes qui assaillent les travailleurs et que la politique de la direction actuelle est incapable de résoudre, finiront par amener à maturité les conditions d’une nouvelle intervention des masses : la révolution reste à faire.
Extrait d’Amar Yaïche, Dansons sur les cadavres, Montreuil, L’Insomniaque, 2005, p. 5-6.

QUOI? Me parler à moi de ce qui nous pousse à fuir le pays? Pourquoi soulever des questions qui me brisent les klaouis? Plus d’espoir, mon frère! Macache! Regarde-les autour de toi. Moi, je les vois, je vis avec eux. Et ne m’énerve pas, nous sommes rue Myrrha. J’ai peut-être rien, mais ici c’est moi qui règle.
Extraits de Herbert R. Lottman, Albert Camus, Paris, Le Seuil, 1978, p. 605-608.

Une autre fois, Roblès vint à Paris prévenir Camus qu’un ami musulman sollicitait son aide pour son frère âgé de dix-huit ans, qui avait tiré sur un ultra et s’était entendu condamner à la peine capitale alors que sa victime s’en était sortie. A cette époque, le général de Gaulle était revenu au pouvoir. Et Camus avait justement rendez-vous avec lui. Il ouvrit un tiroir de son bureau et montra à Roblès une pile de lettres : « Voilà tout ce que j’ai à donner à De Gaulle. Donne-moi ton dossier. »
Extrait d’Abdelkader Chaker, La jeunesse algérienne en France. Éléments d’étude de l’émigration familiale, Alger, SNED, 1977, p. 192.

L’option de l’Algérie en faveur du parti unique a condamné à l’exil tous les partis d’opposition qui, à l’exception du Mouvement National Algérien (MNA), émanent du FLN historique. Ces mouvements d’opposition tentent de trouver une audience au sein de l’immigration algérienne, mais il faut bien admettre qu’ils n’y parviennent guère.
Texte paru dans la revue Sou’al, n° 7, septembre 1987, p. 153-154
Les journalistes algériens – donc l’État – sont-ils devenus à ce point amnésiques pour oser ainsi falsifier l’Histoire ? Pour nous qui, au nom d’un certain nombre de valeurs que nous croyions communes, avions soutenus les Algériens durant leur lutte, leurs propos concernant le procès de Klaus Barbie sont à la fois consternants et révoltants. De même que l’expression de leur racisme antijuif digne des « meilleures » pages de Brasillach.
Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 151-152
Nous voulons simplement, à l’occasion du procès de Klaus Barbie, mettre au clair certaines vérités historiques et rappeler quelques principes pour nous, Algériens, qui avons lutté pour l’indépendance de notre pays. Me Jacques Vergès cherche, aujourd’hui, à associer des « crimes contre l’humanité » commis par Klaus Barbie aux « crimes de guerre » perpétrés par l’ex-puissance coloniale en Algérie et cet amalgame trouve parfois, malheureusement, crédit dans notre pays.
Article paru dans Nouvelle Gauche, n° 21, 11 au 24 février 1957.

En poursuivant pendant 13 jours la grève de la faim pour obtenir le bénéfice du régime politique, les 40 militants du M.N.A. dont nous avons déjà parlé dans ce journal n’ont pas seulement gagné la partie en ce qui les concerne, ils ont aussi suscité un grand mouvement d’unité à la prison de Fresnes, et leur victoire profitera dans l’avenir, à tous ceux, militants algériens et français, qui tomberont sous le coup de l’article 80 (atteinte à la sûreté extérieure de l’état).
Article paru dans La Vérité, n° 442, 25 janvier 1957.

C’est dans le cadre des Journées d’études sur l’Afrique du Nord, organisées par le Mouvement de Libération du peuple (MLP) et qui se sont tenues les 19 et 20 janvier au centre administratif et social d’Asnières, que Robert Barrat a traité d’un sujet brûlant entre tous « les bases de la négociation en Algérie ».
Lettre parue dans La Voix du peuple, n°27 [novembre 1956] et diffusée sous forme de tract

Monsieur le député,
L’Assemblée Nationale Française aura à débattre d’une très grave situation politique dominée par la guerre d’Algérie et les récents événements du canal de Suez. La paix a été sérieusement menacée et le monde a failli être entraîné dans un conflit dont les conséquences auraient été imprévisibles.
Article paru dans Le Libertaire, n° 390, 20 mai 1954

A quelques semaines avant sa mort, il collait encore le « LIB » à Aulnay. Nous lui disions de se reposer, nous le sentions faible. Il n’y avait rien à faire. Il voulait militer, il voulait se battre jusqu’au bout.
Article paru dans Le Libertaire, n° 358, 30 avril 1953

Venu dès sa jeunesse aux idées libertaires, Saïl Mohamed fut toujours un militant exemplaire. Agitateur, propagandiste, militant fraternel, il s’était fait une règle d’intransigeance, repoussant tout geste qui eût pu avoir un caractère mercantile, méprisant ses intérêts personnels.
Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 11, octobre 1959, p. 1-2

Il y a un an De Gaulle arrivait au pouvoir en promettant la paix en Algérie et depuis la guerre n’a fait quo s’intensifier. On aurait pu croire que la population travailleuse, qui en supporte les conséquences, serait mécontente et s’opposerait à cette politique. Non, De Gaulle continue la guerre et tout le monde se tait. Mais s’il l’arrête, tout le monde criera au miracle et prétendra qu’il est un homme génial et pacifique.
Article paru dans Tribune ouvrière, n° 21, mars 1956, p. 4.

La préparation psychologique de l’opinion à la guerre d’Algérie, s’intensifie de jour en jour. A travers la presse, la radio, et de tous les moyens mis à sa disposition, la bourgeoisie prépare le terrain. Rien ne nous est épargné, la description méticuleuse des atrocités commises du côté algérien, les attentats commis en France par les nord-africains, connaissent la plus large diffusion, et déjà dans les usines, on s’aperçoit des méfaits de cette propagande.
Article paru dans Tribune ouvrière, n° 15, août-septembre 1955, p. 4-6

Pendant que nous étions en vacances, les problèmes d’AFRIQUE du NORD ont considérablement évolués dans un sens tragique.
Ce n’est plus seulement l’argent des travailleurs dont la Bourgeoisie a besoin afin d’entretenir une administration et une police pour exploiter les travailleurs nord africains, c’est la vie même des ouvriers et des paysans qu’elle prend pour aller défendre ses privilèges.
Entretien paru dans La Voix du Peuple, n° 27 [novembre 1956] ; il a été publié à l’origine par le journal marocain Al Alam, puis repris dans La Vérité, n° 411, 25 mai 1956.

Mlle Claude Gérard, commandante de la résistance française, journaliste bien connue, s’est rendue dans les maquis algériens en mars dernier.
Certains autres journalistes et intellectuels français pressentis pour enquêter dans les maquis de l’Armée de libération nationale afin d’informer objectivement l’opinion publique sur la composition réelle de notre armée, se sont récusés pour diverses raisons qu’il ne nous appartient pas d’apprécier.
« Les visages de l’émancipation : l’action des femmes messalistes durant la révolution algérienne », mon dernier article publié par la revue Le Mouvement social (2016/2), dans un dossier intitulé « Femmes africaines et mobilisations collectives (années 1940-1970) » coordonné par Emmanuelle Bouilly et Ophélie Rillon.

« Les messalistes et la gauche française. Alliances, ruptures et transactions dans l’entre-deux-guerres« , mon dernier article à lire dans Vingtième siècle. Revue d’histoire (juillet-septembre 2016), numéro où l’on trouvera aussi mon compte rendu du livre de Pierre Nora Les Français d’Algérie. L’ensemble se trouve dans un dossier coordonné par Céline Marangé et intitulé « Les gauches et les colonies ».

Extraits de Gisèle Halimi, Le lait de l’oranger, Paris, Gallimard, 1988

p. 177-181 :
Aujourd’hui, je n’appellerai pas Camus. Je ne lui raconterai pas cette aventure unique : la justice militaire contrainte à la justice par l’effondrement d’un complot policier.
Je me revois, quelques mois avant ce procès, accrochée à un téléphone que je voulais charger de toutes mes forces de conviction. Je désirais, cette fois encore, que Camus intervînt auprès de Coty, de l’Élysée ou de je ne sais quel responsable gouvernemental.
Extraits du livre : Edgar Morin, Itinérance, Entretien avec Marie-Christine Navarro, Paris, Arléa, 2000, pp. 45-50.

M.-C. N. : Est-ce pour cette raison que, dans les débuts de la guerre d’Algérie, en 1955, vous créez avec Antelme le comité contre la guerre d’Algérie ? Comité créé, cette fois, dans un esprit critique. J’aimerais qu’on parle de l’Algérie parce que, là encore, à cette époque, vous avez une position très originale – originale par rapport au manifeste des 121, et surtout par rapport au courant messaliste
E.M. : Il y avait dans ce comité René-Louis Desforêts, Robert Antelme, Dyonis Mascolo, moi-même, Marguerite Duras et ma femme Violette. On prend la décision de former un comité d’intellectuels contre la guerre en Afrique du Nord – parce qu’il faut préciser que tout n’était pas terminé non plus en Tunisie.
Texte du MNA diffusé sous forme de tract et publié dans La Voix du Peuple, n° 22, juin 1956

En 1936, lors du projet Blum-Viollette, les politicards Ferhat Abbas, Dr. Bendjelloul, Tewfik El-Madani, les socialistes, les communistes et les Oulémas constituaient le « Congrès Musulman » pour soutenir et faire adopter par le Parlement et le Sénat français ce projet qui devait mettre fin à la nation algérienne.
Article de Paul Yankovitch paru le 26 mai 1956 dans Le Monde.
Belgrade, 25 mai. – Un visiteur inhabituel s’est présenté hier matin au secrétariat d’État des affaires étrangères yougoslave ; M. El Abed Bouhafa, représentant du comité de libération nord-africain aux États-Unis, a remis au secrétaire d’État aux affaires étrangères un aide-mémoire relatif au problème algérien. C’est un document en français de près de sept pages et contenant en seize points un projet de médiation internationale en Algérie.
Source : Paul Philippe, « Un combat politique », in Sidi Mohammed Barkat (dir.), Des Français contre la terreur d’Etat (Algérie 1954-1962), Paris, Reflex, 2002, p. 100

(…) dans les débuts, les combattants des maquis algériens manquaient de signes de reconnaissance et ils désiraient disposer d’un écusson portant le drapeau algérien (étoile et croissant) avec le sigle ALN, Armée de libération nationale.
Article paru dans La Voix du Peuple, n° 20, 1er mars 1956

Dans son « Bulletin d’activité » (n°3 du 18 février), le « Comité des Intellectuels » rend compte de la réunion qu’il a organisée le 27 janvier à la Salle Wagram.
Il est pour le moins regrettable que le Comité ait cru devoir insérer dans son bulletin une « mise au point » concernant l’intervention de Moulay Merbah à cette même réunion.
Article paru dans La Voix du Peuple, n° 20, 1er mars 1956

Devant la tournure qu’ont prise les actions provocatrices des colonialistes en France et en Algérie, la région parisienne du M.N.A. a adressé la lettre suivant[e] au secrétaire du « Comité de Vigilance anti-fasciste »:
Source: La Vérité, n° 508, 17 juillet 1958.

Pour avoir œuvré à la fraternité des travailleurs français et algériens
Henri Geneste condamné à 3 ans de prison et 100.000 frs d’amende
Trois ans de prison, cent mille francs d’amende, cinq ans de privation des droits civils : tel est l’incroyable verdict prononcé par la cour d’appel de Douai contre le métallurgiste Henri Geneste, emprisonné depuis bientôt quinze mois, pour avoir conformé ses actes à ses convictions.
Article publié dans La Nation socialiste, n°57, juillet-août 1962

Le point de vue de Martial :
La vocation à la dictature
L’exclusion du P.P.A.( ex-M.N.A) de la campagne pour l’autodétermination en Algérie confirme nos appréhensions de toujours sur l’avenir de la démocratie dans ce pays.
Article paru dans le Bulletin d’informations du PPA, n° 1, juillet 1962

Certes, le 19 mars 1962 a marqué le cessez-le-feu, mais en vérité, on a continué à assassiner et à étrangler dans la plus grande impunité les militants du P.P.A. L’horreur ne s’est pas limitée à de tels forfaits. Hélas ! les militants P.P.A. qui avaient été libérés des camps et des prisons ont connu le lavage de cerveau, la torture et la mort.
Éditorial paru dans le Bulletin d’informations du PPA, n° 1, juillet 1962

Editorial
Il a fallu cent trente années au peuple algérien pour réaliser son indépendance…
Sans risque de verser dans un verbiage révolutionnaire, ou dans un gauchisme stupide, que d’aucuns font leur aujourd’hui pour des raisons évidentes, il suffit de lire les accords d’Evian pour affirmer que cette indépendance reste à parfaire.
Article de Louis Houdeville paru dans Nouvelle Gauche, n° 29, 9-22 juin 1957

Nous sommes de ceux pour qui l’anticolonialisme militant constitue une raison de vivre. Nous sommes de ceux qui n’avons jamais cessé de dénoncer les crimes commis au nom de la raison d’Etat, de la Nation ou des « impératifs » de la présence. Nous sommes de ceux qui n’avons cessé de lutter contre les bourreaux pour que justice et réparation soient rendues aux victimes.
Texte reproduit dans La Révolution prolétarienne, n° 117, juin 1957, p. 20
Gilles Martinet, Claude Bourdet, René Capitant, Jean Rous, Georges Suffert, Pierre Stibbe, Jean Nantet, André Philip, Pierre-Henri Simon, Jean Daniel et Robert Barrat ont signé le texte suivant :
Le massacre de Melouza a bouleversé l’opinion française et surtout ceux qui, depuis des années, se sont attachés à dire la vérité sur le drame algérien.
Intervention de Melle Fatma au 2e congrès de l’USTA, texte paru dans La Voix du travailleur algérien, décembre 1959.

Mlle FATMA (Union locale de Roubaix)
Mes chères sœurs,
mes chers frères,
L’USTA a lutté pour faire triompher les droits des travailleurs algériens au prix que nous connaissons. Nous pouvons désormais dire qu’à partir de sa création jusqu’à présent, elle a rempli sa mission, fait son devoir consciencieusement. Soyons certains que dans le chemin de l’avenir, elle accomplira la tâche qu’elle s’est assignée avec toute l’ardeur dont elle est animée.
Intervention de A. Hedjila au 2e congrès de l’USTA, texte paru dans La Voix du travailleur algérien, décembre 1959.

A… Hedjila, Alimentation, Région parisienne :
Chères sœurs,
Chers frères,
Chers camarades,
J’ai écouté attentivement toutes les interventions de mes camarades qui se sont succédé à cette tribune. J’ai constaté que le problème de la femme n’a pas pris toute l’ampleur qu’il fallait lui donner et l’importance qu’il fallait lui consacrer. Le rapport moral lui-même en a parlé mais très brièvement et sans toutefois apporter des mesures concrètes en faveur de la femme algérienne et de son émancipation.
Article de Yamina B., paru dans La Voix du travailleur algérien, avril 1958.

Bien des opinions, qui parfois diffèrent beaucoup les unes des autres, sont émises par les Algériens à propos du rôle de la femme algérienne au foyer, à l’usine, dans la cité. Des controverses s’établissent : les uns sont attachés au passé traditionnel, les autres imaginent l’avenir. Quel contenu à donner à ces mots qui désormais résonnent à toutes les oreilles : « EMANCIPATION DE LA FEMME ALGERIENNE » ?…
Intervention de M.K. au 1er congrès de l’U.S.T.A publiée dans La Voix du travailleur algérien, n°5, juillet 1957

M.K. (Déléguée féminine de Roubaix). – Traite de la condition de la femme algérienne.
« Il faut avouer que certaines personnes ont été étonnées de voir présente à ce Congrès une délégation de femmes algériennes. Cela est normal car cette apparition est sans aucun doute la première qu’ait effectuée la femme algérienne pour sortir de l’ombre où elle a été volontairement plongée. A ceci nous pouvons affirmer comme l’a déclarée une sœur hier, que le colonialisme n’y est pas étranger. Cependant, d’ores et déjà nous pouvons assurer à la classe ouvrière masculine algérienne que, dorénavant, et quelles que soient les circonstances, elle nous trouvera à ses côtés, prêtes à lutter, à mourir afin de faire échec à l’exploitation économique, sociale et culturelle du colonialisme française.
Lettre d’Yves Dechézelles parue dans Le Libérateur, n° 52, 13 janvier 1956 ; La Vérité, n° 389, 13 janvier 1956 et La Vérité, n° 390, 20 janvier 1956 ; La Révolution prolétarienne, n° 102, février 1956, p. 21-22

J’attendais votre livre avec impatience.
Nous manquions d’un ouvrage mettant en lumière les causes de l’insurrection algérienne. Au moment où l’opinion française porte un intérêt croissant au problème algérien, l’on vous était reconnaissant d’avoir ramassé une moisson de faits et de documents permettant de mieux faire comprendre les événements.
Mais tandis que je parcourais « L’Algérie hors la loi », ma joie se mêla rapidement de stupeur.
Article de Philippe Herreman paru dans Le Monde, 8 septembre 1956.

Depuis un an les dirigeants du Front de libération nationale (F.L.N.) et ceux du Mouvement national algérien (M.N.A.), ancienne fraction du M.T.L.D. (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) restée fidèle à Messali Hadj n’ont cessé de rivaliser auprès des masses algériennes et de s’accuser mutuellement de trahison. Le F.L.N. souhaitait élargir son audience, le M.N.A. entendait conserver la sienne. Un tract diffusé par le Mouvement national algérien montre que cette concurrence n’a rien perdu de sa violence.
Source : Edgar Morin, Autocritique, Paris, Seuil (Points), 1991, p. 187-203.

En automne 1955, Antelme, Mascolo, Louis-René des Forêts et moi fondions le Comité d’action des intellectuels contre la guerre en Algérie. C’était l’époque où une lame de fond semblait vouloir se former dans le pays. Des casernes étaient assaillies. Des jeunes rappelés chahutaient. D’autres voulaient se planquer. Le parti communiste s’efforçait de canaliser le mouvement dans un sens légal pétitionnaire et il lui brisait les reins. Nous voulions nous élever contre le principe même de la guerre coloniale et pour le principe même du droit des peuples. Notre force première était d’être indépendants. De nombreux intellectuels de gauche adhérèrent au comité. Quelques communistes, déçus par la mollesse tacticienne du parti, nous rejoignirent quoiqu’on les eût mis en garde contre ce « comité d’exclus ».
Source : Jean Poperen, La Gauche française. Le nouvel âge (1958-1965), Paris, Fayard, 1972, p. 70-74

La gauche française et le duel FLN-MNA
(…) en métropole, dans les milieux ouvriers les plus politisés, le MNA de Messali Hadj conserve une implantation notable. Les hommes qui l’animent ont souvent appartenu au mouvement communiste durant l’entre-deux-guerres et, lorsqu’ils rompirent, ils furent accusés par les communistes de tendances « nationalistes » et « trotskystes ». La vraie raison de leur rupture est qu’ils jugeaient insuffisante l’action du PCF pour la réalisation de l’indépendance algérienne.
Source : Mahmoud Bouzouzou, « De deux prisons à la liberté », in Gabriel Marcel (dir.), Un changement d’espérance. A la rencontre du réarmement moral, Paris, Plon, 1958, p. 67-78.

Je suis né dans une ville de la côte algérienne, Bougie, qui fut, à une époque de l’histoire, la capitale de tout le Maghreb oriental, c’est-à-dire de toute l’Algérie, et le centre d’un grand rayonnement culturel pour toute l’Afrique du Nord. Ses habitants l’appellent depuis très longtemps « la petite Mecque », à cause du nombre important des saints qui y reposent.
Source : André Breton , Écrits sur l’art et autres textes, Œuvres complètes, IV, éditions de Marguerite Bonnet publiée, pour ce volume, sous la direction d’Etienne-Alain Hubert avec la collaboration de Philippe Bernier et Marie-Claire Dumas, Paris, Gallimard, 2008.

Questions
I° Mohamed Maroc, dont vous avez sans doute entendu parler, est un intellectuel algérien qui s’est formé lui-même. L’une des raisons essentielles de sa révolte est que, selon lui, le colonialisme est source d’ignorance et d’inculture. Qu’en pensez-vous ?
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