Article d’André Chouraqui paru dans La Jeune Garde, n° 3, 29 août 1936
N.D.L.R.
La lutte contre le colonialisme est une des tâches des révolutionnaires dont le souci est d’affaiblir, pour le mieux écraser, leur propre impérialisme. Les questions coloniales seront donc régulièrement traitées dans la Jeune Garde. Dès maintenant notre camarade André Chouraqui délégué à la propagande de la fédération des J. S. d’Alger, nous écrit : « Nous collaborons régulièrement à votre journal, pour décrire dans tous les détails la situation du peuple d’Algérie : sa misère effroyable, le sort lamentable physique et moral de sa jeunesse, ses aspirations, ses volontés ».
La Chambre a entendu lundi dernier un excellent discours du citoyen Vaillant dont le résultat a été l’adoption d’un amendement à la loi sur le régime des boissons ainsi conçu :
« Le gouvernement interdira par décrets la fabrication, la circulation et la vente de toute essence reconnue dangereuse et déclarée telle par l’Académie de médecine. »
Article signé Michel-Marcel paru dans Le Travailleur,Cinquième année, n° 466, 8 octobre 1905
On annonce de Brazzaville que Gaud et Toqué viennent d’être condamnés à cinq ans de réclusion. Mais peut-être – les événements se succèdent si rapidement – ne se souvient-on déjà plus des exploits de ces deux personnages. Les affaires Jaluzot, Cronier et Gallay sont bien plus passionnantes.
1. L’émigration des travailleurs de leur pays d’origine leur est imposée par l’exploitation capitaliste. Les salaires de famine et les mauvaises conditions de travail, les persécutions politiques, sont autant de causes d’exode pour les prolétaires des différents pays.
Article paru dans La Vérité, 4e année, n° 135, 22 décembre 1932
La Chambre française a voté au mois d’août 1932, la loi sur la « protection de la main-d’œuvre nationale ». Cette loi a fermé la frontière aux travailleurs étrangers, mais, en grande partie par suite de l’opposition des représentants de la bourgeoisie elle n’a pas voulu fixer les limites pour l’embauche des ouvriers étrangers. Elle en a jeté pourtant les bases, en fixant la procédure à travers laquelle le pourcentage des ouvriers étrangers pourra être déterminée dans chaque branche d’industrie.
Article deMikhalis Raptis dit Michel Pablo, paru dansSous le drapeau du socialisme, n° 66, octobre 1975
Il s’agit d’une importante contribution à l’histoire réelle du mouvement national algérien destinée à faciliter la compréhension de la révolution algérienne depuis son commencement.
Article de Robert Bonnaud paru dans La Quinzaine littéraire, n° 216, 1er septembre 1975
L’historiographie de la révolution algérienne entre dans une ère nouvelle. Le livre de Mohammed Harbi (Aux origines du FLN : le populisme révolutionnaire en Algérie, Bourgois, 1975), venant après celui de Vatin (L’Algérie politique : histoire et société, Colin) et les témoignages importants de Lebjaoui (Vérités sur la révolution algérienne et Bataille d’Alger ou bataille d’Algérie ? Gallimard), en est le signe éclatant.
Le 3 octobre, le jour même où les dépêches d’agence annonçaient que les espagnols entrés sans combat dans Ajdir, l’avaient razziée et incendiée, M. Painlevé prononçait à Nîmes un grand discours dans lequel il donnait enfin connaissance des propositions de paix faites trois mois auparavant de façon assez vague par les espagnols et les français à Abd-el-Krim.
Manifeste paru dans La Voix du Peuple, 4e année, n° 175, 21 au 28 février 1904; suivi de « Les deux impérialismes » par Paul Lévy alias Paul Louis, paru dans Le Socialiste, 20e année, n° 73, 6-13 mars 1904
Aux Travailleurs !
A l’Opinion publique !
Depuis quelques jours, en Extrême-Orient, deux peuples sont en lutte.
Pour assurer la suprématie des intérêts des possédants Russes ou Japonais, les travailleurs de Russie et du Japon vont s’entrégorger, sans profit aucun pour eux-mêmes.
Le passage d’une partie toujours plus importante d’intellectuels aux côtés du prolétariat révolutionnaire et du socialisme est un phénomène caractéristique de la décomposition avancée du régime capitaliste et de la dégradation des « valeurs » idéologiques et morales qui animaient autrefois l’intelligentzia à son service.
« Ratonnades » du samedi soir, attentats individuels contre les travailleurs immigrés (dans la seule nuit du 6 mars, à Draguignan, 3 attentats par explosif contre les travailleurs nord-africains !), mais aussi, discriminations raciale à l’embauche, pour la location d’appartements, dans les transports collectifs … LE RACISME EXISTE. Il n’épargne pas la classe ouvrière, comme en témoigne un cas particulièrement grave de discrimination raciale aux élections des délégués du personnel à Renault-Flins : sur 65 candidats immigrés à se présenter, seuls 2 furent élus, 300 électeurs ayant systématiquement rayé sur les listes les noms à consonnance étrangère ! le racisme se développe ; il bénéficie de moyens de propagande importants : presse bourgeoise, présentant « les pays arabes » comme seuls responsables de la crise actuelle du capitalisme, bienveillance de l’état bourgeois et de sa justice à l’égard des provocations à la haine raciste perpétuées par les organisations d’extrême droite et par leurs journaux, violences policières à l’égard des immigrés, etc.
C’est ce que ne cessaient de répéter les orateurs de divers syndicats de la C.G.T., qui se succédèrent à la tribune du meeting organisé le 30 septembre à Japy, sous l’égide de l’Union des Syndicats de la région parisienne.
Article de Fernand Cathala paru dans La Voix libertaire, septième année, n° 296, 30 mars 1935
La crise économique suit inlassablement son chemin angoissant. Le chômage étend ses ailes hideuses chaque jour davantage. D’innombrables sans-travail attendent anxieusement le retour à la « prospérité ». Tout ce qu’a tenté le gouvernement pour remédier à la situation actuelle a lamentablement échoué. Tous les plans, tous les systèmes mis en vigueur n’ont nullement enrayé le chômage.
Les ouvriers immigrés sont en France plusieurs centaines de mille …
Les travailleurs immigrés, chassés de leur pays par la misère, venus chercher du travail en France, peuvent constituer aussi bien un facteur révolutionnaire, qu’une arme dans les mains du fascisme. Ces travailleurs sont dans toutes les questions de salaires, d’allocations de chômage, etc., traités d’une façon bien pire que les travailleurs français. Leur occupation est beaucoup moins sûre ; les patrons ne pourraient pas – selon la loi – les occuper dans une mesure de plus de 10 % sur l’ensemble de la main-d’œuvre employée, et s’ils les embauchent dans une proportion plus élevée – comme ils le font souvent -, ils en profitent pour leur imposer des conditions de travail et de rémunération inhumains.
Article paru dans La Vérité,27 juillet 1934 ; suivi de « Les travailleurs étrangers », La Vérité, 1er décembre 1934 ;« Chômeurs, immigrés, jeunes et la C.G.T. unique », La Vérité, 8 novembre 1935
Dans la lutte contre la guerre, il faut entraîner l’ensemble des exploités.
N’oublions pas ces plus de deux millions d’ouvriers immigrés que le patronat rapace, veut opposer aux prolétaires français, afin d’empêcher l’union des forces ouvrières !
Article paru dans L’Avant-garde syndicale. Organe d’action syndicale révolutionnaire, 1ère année, n° 1, novembre 1935; suivi de « Il faut défendre les travailleurs immigrés », L’Avant-garde syndicale, 2e année, n° 3, janvier 1936
Les prolétaires étrangers ont suivi avec beaucoup d’intérêt et un grand espoir la marche à l’unité syndicale.
Article de Christian Picquet paru dans Rouge, n° 1139, 14 au 20 décembre 1984
« La guerre commence en Algérie » de Mohammed Harbi, Editions Complexe.
De même qu’on peut parler d’un syndrome vietnamien aux Etats-Unis, il existe un véritable traumatisme algérien en France. Les événements actuels de la Nouvelle-Calédonie l’illustrent parfaitement.
IL y a trente ans, le 1er novembre 1954, la nuit algérienne s’étoilait brutalement d’une trentaine d’actions armées, et rares furent ceux qui comprirent qu’il s’agissait là de la suite et du début d’une longue histoire : celle de la guerre d’Algérie et celle de la révolution algérienne.
Texte de la conférence de Jean-Louis Hurtz donnée à Alger et paru dans Sous le drapeau du socialisme, n° 108/109, novembre-décembre 1988
Il y a un paradoxe. L’œuvre de Fanon a été plus lue, au moment de sa parution, en Occident que dans le tiers-monde. Ce n’est pas seulement parce que les librairies des éditions du Seuil ou Maspero se trouvaient au Quartier Latin. C’est aussi parce que le message de Fanon – je pense surtout aux « Damnés de la Terre » – répondait chez les jeunes Français de mon âge, à la fin de la guerre d’Algérie, à une formidable demande.
Article de René Gallissot paru dans La Quinzaine littéraire,n° 335, du 1er au 15 novembre 1980
René Gallissot parle ici surtout de deux livres qui viennent de paraître à propos de l’insurrection algérienne (en attendant celui de Ferhat Abbas) : l’Histoire de la guerre d’Algérie par Alistair Horne, traduit de l’anglais, et celui de l’Algérien Mohammed Harbi : le FLN, mirage et réalité, qui, pour la première fois, analyse de l’intérieur les raisons d’être du FLN, de la lutte armée et de la mise en place du nouveau régime.
Article de Maxime Rodinson paru dans Le Nouvel Observateur, du 3 au 9 novembre 1980
Il est déplaisant de regarder la vérité en face. De plus, certains n’y ont pas intérêt. Et il est vrai, hélas, que cela peut avoir des inconvénients. Nulle action mobilisatrice ne se fait sans mythes, c’est aussi une vérité que toute l’histoire atteste et devant laquelle, encore et encore, on recule. Pourtant agir est indispensable. Donc les mythes aussi. Mais la vérité aussi a ses droits. Il y a là un nœud de contradictions indépassables.
C’est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître aux Editions Jeune Afrique. L’auteur en est Mohammed Harbi, qui a été un haut apparatchik du F.L.N., conseiller de Ben Bella, opposant à Boumediene, exilé en France depuis 1973.
Article de Jacques Sylvère paru en deux parties dans La Presse Nouvelle Hebdomadaire,n° 83, 24 février – 2 mars 1967 et n° 84, 3 – 9 mars 1967
MAURICE EISENBETH, qui fut grand rabbin d’Alger, a retracé avec beaucoup d’érudition l’histoire fort complexe des Juifs algériens, car il est très difficile de faire revivre certaines périodes sur lesquelles on possède peu ou pas de documents.
Article de Paul Solal paru en deux parties dans La Presse Nouvelle Hebdomadaire, n° 35, 18-24 février 1966 et n° 38, 11-17 mars 1966
SOUVENIRS D’UNE FIN DE SIECLE EN ALGERIE
Si vous rencontrez, parmi les juifs originaires d’Algérie, un Algérois qui approche des soixante-quinze ans, demandez-lui s’il se souvient de Max Régis. Inévitablement lui reviendront des souvenirs de magasins pillés, de synagogues saccagées, d’hommes, de femmes et d’enfants battus, parfois à mort, dans les rues, de foules déchainées parcourant les grandes artères d’Alger en hurlant : « A BAS LES JUIFS ! »
Article d’André Serfati paru dans Partisans, n° 3, février 1962, p. 68-77 ; suivi de Roger Benaben « N’est-il pas déjà trop tard », Partisans, n° 4, avril-mai 1962, p. 185-187
Ne à Oran (Algérie), je suis Algérien. Le reste est accessoire ; ma qualité de juif, par exemple, fournira certains éléments pour la compréhension de ma prise de conscience, mais pas davantage.
Appel de Messali Hadj du 1er septembre 1957 diffusé sous forme de tract ; paru dans La Vérité, n° 467, 5 septembre 1957 ; Interafrique Presse, n° 126, 6 septembre 1957 ; Algeria Libera, n° 1, 21 Settembre 1957 ; repris dans Combat et Le Monde, 4 septembre 1957; Nouvelle Gauche, n° 32, du 14 au 27 septembre 1957 ; La Commune, n° 5, novembre 1957
Nous avons reçu, avec prière d’insérer, le texte qu’on va lire. Son importance extrême, dans les circonstances actuelles, sautera immédiatement aux yeux du lecteur même non averti. C’est pourquoi nous avons estimé de notre devoir de journal libre de le publier intégralement.
Appel de Messali Hadj paru dans La Commune, n° 4, juillet 1957 ; Demain, n° 82, 4 juillet 1957 ; La Voix du Peuple, n° 33, juillet 1957
Nous publions ci-après l’appel lancé par Messali Hadj aux démocrates français.
Cet appel a été envoyé à notre confrère Demain.
Nous remercions cet hebdomadaire et son directeur le Docteur Robin d’avoir bien voulu nous permettre de reproduire ce document dont l’importance nous paraît incontestable.
Interview de Messali Hadj parue dans La Commune, n° 1, avril 1957
1. – Quelles sont, à votre avis, les causes de la poursuite de la guerre d’Algérie, alors que, tant du côté des nationalistes algériens que de celui du gouvernement, on se déclare prêt au « cessez-le-feu » ?
Appel de Messali Hadj du 13 décembre 1955 paru dans La Voix du peuple, n° 16, 16 décembre 1955 ; reproduit partiellement dans La Vérité, n° 387, 30 décembre 1955;diffusé sous forme de tract
Au moment où la campagne électorale est ouverte pour les élections législatives, je crois de mon devoir d’adresser le présent appel au peuple français. Vivant en France depuis 1918 et ayant participé en tant que président du M.N.A. aux côtés du peuple français à beaucoup d’événements, je crois qu’il est nécessaire d’examiner d’une façon rapide ce passé.
Article de Messali Hadj paru dans Demain, n° 33, 26 juillet 1956
L’OPINION française, algérienne et internationale s’est souvent demandé ces dernières semaines quelle influence exerçaient encore Messali Hadj et son « Mouvement national algérien. »
Les avis demeurent partagés, mais les hommes avertis et de bonne foi, en métropole comme en Afrique du Nord, reconnaissent que Messali a encore de très nombreux partisans.
Article de Messali Hadj paru dans Demain, n° 9, 9 février 1956
Guy Mollet dans son discours d’investiture a, sans préjuger la solution du problème algérien, précise que celle-ci ne pourra être ni imposée unilatéralement, ni octroyée, mais seulement négociée. C’est en vue de ce dialogue que nous publions aujourd’hui un article de Messali Hadj, président du Mouvement National Algérien, indépendant de la Ligue Arabe. L’auteur, très franc sur le but qu’il se propose d’atteindre, préconise un moyen – la « table ronde » – qu’un homme politique français aussi modéré que M. Pleven avait suggéré (dans « Franc-Tireur »). Nous publierons dans de prochains numéros les opinions d’autres interlocuteurs possibles.
A LA suite d’une nouvelle et pressante démarche des parlementaires de l’Union démocratique du Manifeste Algérien auprès du ministère de l’Intérieur au sujet de la libération effective et du retour de Messali Hadj, président du Parti du Peuple Algérien (P.P.A.), les services intéressés du ministère ont fait connaître hier aux députés du « Manifeste » que M. Messali, libéré, avait pris place le matin même à Brazzaville sur l’avion qui le déposera à Alger, via Dakar.
La dissolution de l’Etoile Nord-Africaine ayant été décrétée, alors que rien ne la laissait prévoir, il nous a paru intéressant de connaître l’opinion du président de cette organisation dont l’attitude, depuis l’avènement du Front populaire, permettait précisément de croire que l’action de l’Etoile faciliterait les rapports entre les masses musulmanes et le peuple français.
Ainsi, Messali, que la décision ministérielle avait ramené à Paris en l’obligeant à interrompre une série de meetings dans la région lyonnaise, nous a déclaré :
Monsieur le Président de la Commission des Réformes,
Messieurs les Membres,
Avant d’aborder le sujet pour lequel je suis ici, je veux remercier infiniment la Commission qui me fait l’honneur aujourd’hui de me permettre de m’exprimer, après mon retour d’Aïn Salah, sur les revendications musulmanes à l’ordre du jour.
Interview de Messali Hadj réalisée par Albert-Paul Lentin parue dans Libération, 2 août 1951 ; suivie d’un entretien paru dans Action, du 3 au 9 août 1951, sous le titre « Le Pacte Atlantique est un danger pour la libération de l’Afrique du Nord nous déclare Messali Hadj »
MESSALI HADJ ? Une silhouette, un visage qui semblent faits pour le portrait ou la photographie. Une allure svelte et jeune, un visage régulier, une grande chechia rouge, une majestueuse barbe grisonnante, des yeux noirs très vifs … Le calme de la voix et l’amabilité du sourire ne cachent qu’à moitié l’énergie intransigeante du vieux lutteur, qui combat, depuis plus de 20 ans, pour le mouvement national algérien et, qui, de la Santé à Lambèse, de Lambèse à Maison-Carrée, de Maison-Carrée aux territoires du Sud et des territoires du Sud à l’Afrique noire, a connu à toutes les époques la prison et la résidence surveillée.
VOYEZ-VOUS, nous dit Messali en nous accueillant comme toujours, très fraternellement, la police vient encore de me rendre visite. Et de nous montrer un papier qui lui notifie la décision du ministre de l’Intérieur d’avoir à quitter Paris le lendemain de son jugement « avant midi précise ».
Interview de Messali Hadj réalisée par M’hamed Ferid Ghazi et Georges-Albert Astre parue dans Action, 8e année, n° 376, semaine du 13 au 19 décembre 1951
La personnalité de Messali Hadj est assurément l’une des plus marquantes de l’Islam moderne. Président du Parti du Peuple Algérien et président d’honneur du M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques), qui groupent aujourd’hui une grande partie des forces vives du peuple algérien, cet homme de cinquante-trois ans est resté profondément fidèle à ses origines prolétariennes ; il est un ardent défenseur de la communauté musulmane et fut élu vice-président du Congrès Islamique de Karachi, en février dernier.
Il a bien voulu nous accorder un large entretien, dans sa résidence de Chantilly (le « gouvernement » de Vichy l’ayant interdit de séjour en Seine et Seine-et-Oise, cette interdiction a été maintenue). Ses déclarations revêtent une importance toute particulière au moment où les pays arabo-musulmans prennent si fortement position pour une politique d’indépendance et de dignité, à l’heure où le Maghreb se sent étroitement solidaire des peuples en lutte dans tout le Moyen-Orient. Lui-même vient de rentrer d’un long voyage, qui l’a conduit au pèlerinage de la Mecque et en divers pays d’Orient.
Après neuf années de persécution, de prison, de forteresse et d’exil dans la Forêt Vierge
POUR interviewer Messali Hadj, je devais longer le palais du Luxembourg ou, en d’interminables palabres se joue actuellement la tragi-comédie burlesque intitulée : « Conférence de la Paix ».
Je le revois, ce petit Antillais fragile d’apparence, à la peau olive, au regard brûlant.
A cette époque, il était toujours médecin psychiatre à l’hôpital de Blida, il n’avait pas encore rejeté le masque de la légalité, mais la force de sa conviction, et la dureté de ses analyses ne laissaient pas de doutes sur ses positions.
Lois Barangé-Marie, loi Debré, projets gaullistes de Réforme de l’Enseignement et de subventions aux Instituts Catholiques, autant de mesures dont le sens apparaît clairement. L’offensive de l’Eglise contre l’Ecole laïque se développe sur deux plans : d’une part, obtenir le maximum d’argent de l’Etat ; d’autre part, « cléricaliser » l’enseignement public. Pourquoi cette offensive ? Quels sont ses moyens et comment se défendre ou contre-attaquer ? Il importe que les militants ouvriers ne laissent pas de côté cet aspect de leurs luttes.
L’ESPRIT laïque s’inscrit dans l’histoire de l’évolution de la pensée, elle-même indissociable de l’action émancipatrice de l’homme. S’identifiant à l’esprit critique, il est né de la réaction contre le dogme, obstacle permanent, reconnu comme tel, à la libération humaine et il faut entendre par dogme l’affirmation de toute nature échappant au contrôle de l’expérience et de la raison.
Article de Jacques Gallienne paru dans La Vérité, n° 134, 2 août 1946 ; suivi de « Pourquoi défendre la laïcité », La Vérité, n° 136, 16 août 1946 ; « Comment défendre l’école laïque », La Vérité, n° 137, 23 août 1946
DEPUIS les décrets de la Convention des 18 septembre 1794 et 21 février 1795 qui décidaient que la République ne paierait plus les frais et les salaires d’aucun culte, une longue tradition de laïcisme s’est établie en France. La laïcité, au même titre que la séparation des Eglises et de l’Etat semble un principe solidement établi, qui ne saurait être remis en question.
Le Congrès de Nîmes du Syndicat national des instituteurs a de nouveau appelé l’attention sur les progrès du cléricalisme dans certaines régions, comme en Vendée, où le nombre des écoles dites « libres » (c’est-à-dire confessionnelles, catholiques) surpasse aujourd’hui le nombre des écoles publiques.
Article paru dans Les Langues modernes, revue et bulletin de l’association des professeurs de langue vivante de l’enseignement public, 60e année, n° 3, mai-juin 1966, p. 108-116
En mai 1965, le poète Langston Hughes et deux jeunes romanciers, Paule Marshall et Melvin Kelley, furent invités à Paris, par le Centre Culturel Américain pour animer un Colloque sur la littérature noire américaine. Sim Copans, spécialiste du jazz et de la culture noire, voulut bien se joindre aux écrivains en visite pour répondre aux questions de Pierre Dommergues qui organisa cette « table ronde » et de Michel Fabre. Grâce à l’amabilité de Mr. Belcher, le Directeur du Centre qui nous preta locaux et matériel d’enregistrement, cette « table ronde » put avoir lieu la veille du Colloque. Le manque de place nous contraint à ne reproduire que l’essentiel de ces deux heures de discussion.
Article de Georges-Albert Astre paru dans Droit et Liberté, n° 239, 15 janvier – 15 février 1965, p. 12 et 11
A New York, en juillet dernier, il n’y avait vraiment qu’un problème, pour l’homme de la rue comme pour le businessman, pour le reporter comme pour le policier qui paradait près de Time Square sur son cheval bien lustré, et c’était, justement, cette Révolution Noire, dont on admettait depuis trois ans l’existence et qui, soudain, dominait par ses clameurs toutes les autres voix, faisait passer au second plan jusqu’aux préoccupations électorales … Au-delà de la 110e rue, vers Harlem, et aussi vers Brooklyn, des centaines de milliers de « nègres » s’insurgeaient contre leur condition, contre le chômage où ils étaient réduits contre toutes les formes plus ou moins hypocrites de discrimination que le « Nord » avait imaginées.
Article de Langston Hughes paru dans Monde, septième année, n° 303, 8 juin 1934, p. 10; publié initialement en octobre 1931 dans New Masses sous le titre « People Without Shoes »
En vertu d’un accord conclu récemment entre le Président Roosevelt et le Président Sténio Vincent de Haïti, la classe favorisée des Haïtiens, celle qui porte des chaussures, se voit attribuer un vague contrôle de la politique et des finances de son pays. La marine américaine doit évacuer en octobre prochain, mais cela ne signifie aucune amélioration du sort des masses haïtiennes ; cela montre simplement que les dirigeants indigènes ont prouvé leur fidélité de chien de garde du capital et que l’on peut compter sur eux pour remplir les fonctions d’agents de Wall Street. Ils vont se vanter d’avoir mis les Américains à la porte, mais ils ne font en réalité et fixer d’autant plus solidement que moins ouvertement le joug de Wall Street sur les épaules des ouvriers aux pieds nus et aussi des prolétaires en faux-cols. Aussi, dans le « Daily Worker », l’éminent écrivain noir américain, Langston Hughes, nous parle de Haïti en termes qui nous montrent au grand jour ce pays qui, selon lui, est devenu l’arbre fruitier du capitalisme américain, où le prolétariat noir est odieusement opprimé, et où la pauvreté des classes laborieuses n’a pas de limite. L’article de Langston Hughes jette une lueur nouvelle sur ce qui est devenu le terrain de chasse de l’impérialisme américain.
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