Editorial paru dans Liberté, 5e année, n° 204, 8 mai 1947

Le 8 mai 1945, le monstre nazi ployait le genou devant l’Armée Rouge triomphante au prix de sacrifices surhumains.
Editorial paru dans Liberté, 5e année, n° 204, 8 mai 1947

Le 8 mai 1945, le monstre nazi ployait le genou devant l’Armée Rouge triomphante au prix de sacrifices surhumains.
Editorial de Ferhat Abbas paru dans Egalité, IVe année, n° 76, 9 mai 1947

Il y a deux ans, s’achevait la guerre la plus meurtrière que l’Histoire ait enregistrée. Parti des bords de l’Oder, le conflit devait s’étendre à l’Europe puis à l’Univers entier, entraînant les peuples colonisés d’Asie et d’Afrique.
Editorial de Michieslazc Kokozcynski alias Michel Rouzé paru dans Alger Républicain, 8 mai 1947

IL y a deux ans, tandis que les troupes soviétiques achevaient de nettoyer les ruines de Berlin, les derniers chefs de l’armée allemande déposaient les armes. L’effort des peuples libres avait triomphé du monstrueux rêve hitlérien.
Article de Mohammed Dib paru dans Egalité, organe du Manifeste du peuple algérien, IVe année, n° 75, 1er mai 1947

HORMIS certaines exceptions illustres, quand par goût ou par curiosité, nous consultons les travaux des arabisants, c’est de prime abord le ton de diffamation qui nous frappe le plus. Entreprendre l’investigation du domaine islamique dans un esprit de destruction à peine déguisé semble être de règle parmi les orientalistes – en particulier de l’école française ; le mot d’ordre passé : le silence ou le dénigrement systématique. Adoptant cette dernière attitude, les arabisants résolvent l’affaire par une simple négation : à les en croire, jamais une civilisation arabe proprement dite n’a existé, il ne peut être question que d’un assemblage de connaissances hétérogènes ; si culture il y a, une telle culture n’a jamais su se dégager des influences extérieures, franchir le stade des origines, élaborer les éléments d’une civilisation originale. D’aucuns prétendent que le ridicule tue en France. Point, si l’on songe à ces archontes. Laissons le grand orientaliste Philip K. HITTI leur répondre :
Article paru dans Liberté, 6ème année, n° 253, 15 avril 1948 et n° 254, 22 avril 1948

« Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d’eux-mêmes tant qu’ils n’auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. »
LENINE
LE RACISME
Une constatation qu’il est nécessaire de faire à la suite des récentes élections est la suivante : une campagne de panique raciale, alliée à la politique de féroce répression menée par Naegelen, est parvenue, dans une certaine mesure, à approfondir le fossé, qu’un siècle d’exploitation colonialiste a réussi à creuser entre les éléments ethniques qui peuplent l’Algérie.
Article de Léon Feix paru dans L’Humanité, 8 mai 1950, p. 3

LE 8 mai 1945, les peuples du monde entier fêtaient l’écrasement militaire de l’hitlérisme.
Les Algériens avaient participé activement à la grande lutte pour la liberté. Par dizaines de milliers, ils avaient pris part, au sein de l’armée d’Afrique, aux campagnes de Tunisie, de Sicile, d’Italie, de France, d’Allemagne. Dockers, cheminots, métallos, paysans avaient, depuis le débarquement allié de novembre 1942, accompli de grands efforts en vue de développer au maximum l’effort de guerre.
Article paru dans Le Libertaire, cinquante-sixième année, n° 362, 28 mai 1953

Mai 1945 en Algérie ! Sans plus de précisions cette exclamation devrait suffire pour que dans toutes les mémoires ouvrières s’évoque l’horrible massacre des 40.000 Algériens par l’impérialisme français.
Tract de la Fédération de France du Mouvement National Algérien diffusé en mai 1957

Mouvement National Algérien
Fédération de France
8 MAI 1945 – 8 MAI 1957
Algérien ! Souviens-toi !
Le 8 mai 1945, 45.000 de tes frères et sœurs ont été lâchement assassinés pour avoir osé réclamer leur part de victoire sur le nazisme.
Tract du Mouvement National Algérien diffusé en mai 1956

MOUVEMENT NATIONAL ALGERIEN
M.N.A.
8 Mai 1945 – 8 Mai 1956
PEUPLE ALGERIEN,
Le 8 mai 1945, l’ALGERIE connut la plus effroyable tragédie de son histoire depuis les enfumades de 1830.
Déclaration du Parti communiste français parue dans L’Humanité, 20 mai 1945 ; suivi de « Où veut-on mener l’Algérie ? », 29 mai 1945 ; « A la Mutualité, Etienne Fajon préconise l’union des Algériens et leur alliance avec le peuple français », 5 juin 1945.

Au Comité Central du Parti Communiste Algérien
Le Comité Central du Parti Communiste Français, réuni en session extraordinaire, adresse son salut fraternel au Parti Communiste Algérien : les tragiques événements qui se déroulent en Algérie depuis le 8 mai dernier ont permis de vérifier à la fois la justesse de sa ligne politique et sa capacité de réalisation pratique.
Article de Fertal paru dans La Vie ouvrière, vingt-sixième année, n° 39 (Nouvelle série), 31 mai 1945, p. 2-3

Il a fallu les regrettables événements d’Algérie dont chacun mesure la gravité pour qu’enfin le gouvernement et l’opinion publique s’émeuvent de la situation intenable dans laquelle est plongée la population musulmane.
Article de Raoul Godet paru dans le Bulletin de la Fédération des sociétés juives d’Algérie, 12e année, n° 101, août-septembre 1945, p. 20-21

L’Algérie vient de traverser une crise terrible, d’ailleurs inachevée et qui a terni notre victoire, au lendemain même qu’elle fut acquise. Nous n’ignorons plus aujourd’hui quels en sont les responsables, comment une féodalité de colons, tant européens que musulmans, a délibérément semé la révolte pour ruiner la cause des indigènes et empêcher leur émancipation qui eût compromis ses intérêts. Nous savons bien par quels sabotages les mêmes homme qui, trois ans plus tôt, pourvoyaient si généreusement l’armée Rommel, ont suscité dans cette fertile Algérie une famine comparable en certains endroits à celle des camps nazis. Tant il est vrai qu’ici ou là, les fascistes recourent aux mêmes méthodes et qu’à leurs yeux, la vie humaine, celle des autres, est chose futile et méprisable.
Article de Louis Maréchal paru dans Ce Soir, 15 mai 1945 ; suivi de « Le drame de l’Algérie : La « Schkoumoune », oui mais surtout les « Seigneurs »… », 16 mai 1945.

c’est aussi le fruit amer d’une politique qui a laissé en place trop de factieux ennemis de la Patrie
Alger, 14 mai (de notre correspondant particulier). – La misère de Paris est grise et triste ; celle d’Alger est lumineuse, dorée, et d’autant plus inhumaine que le ciel invite à la joie.
Editorial paru dans Combat, 25 mai 1945

DANS l’hebdomadaire La Bataille, M. Quilici prend violemment notre ami Albert Camus à partie à propos de son enquête sur l’Algérie. Depuis son arrivée à Paris, M. Quilici s’est signalé à l’attention des esprits honnêtes : il semblait en effet s’être donné pour tâche d’insulter les hommes de la résistance intérieure. Nous n’avons cependant jamais répondu à ses attaques parce qu’il nous semblait que la qualité n’en était pas bonne. Dans le cas présent, la qualité n’en est pas meilleure. Mais nous sommes obligés d’y répondre parce que le problème que ces attaques engagent est trop grave pour que nous le laissions aux mains de n’importe qui.
Article paru dans L’Humanité, 19 mai 1945, p. 1

SANCTIONS IMMEDIATES CONTRE LES HAUTS FONCTIONNAIRES RESPONSABLES DES MASSACRES !
Le communiqué du 15 mai du ministère de l’Intérieur relatait une centaine de morts au cours des tragiques évènements qui ensanglantent les régions de Sétif et Guelma. Malheureusement, ce chiffre est très loin de correspondre à la réalité.
(4 lignes censurées)
La Nation algérienne, organe clandestin de la libération nationale, n° 1, 1946, 2 pages

Ô Croyants, dit Dieu le Tout Puissant, attachez-vous à la Vérité et à la Justice, même si elles concourent contre vos parents car Dieu est plus près de vous que toutes les créatures.
Peuple Algérien !
Depuis les tragiques évènements de mai 1945 où des milliers de tes enfants tombèrent sous les balles de la soldatesque française et où des milliers d’autres furent arrêtés, horriblement torturés et condamnés avec une sévérité bestiale, tu ne disposes plus d’un organe de combat qui exprime tes aspirations nationales et affirme tes droits de peuple opprimé. Par contre, tu as subi, pendant un an, les flots littéraires d’une presse pourrie plus ou moins inféodée au colonialisme rétrograde et sanguinaire.
Article paru dans L’Humanité, 12 mai 1945 ; suivi de « Les événements d’Algérie : Il est juste temps de réparer les erreurs criminelles », 13 mai 1945 ; « Pour mettre fin aux troubles en Algérie : Donner du pain et non des bombes ! Arrêter les vichystes ! », 15 mai 1945 ; « Après les graves événements d’Algérie : Un communiqué officiel qui n’apporte rien », 16 mai 1945.

Depuis dix mois, le journal communiste français « Liberté » d’Alger dénonce les méthodes employées en Algérie pour affamer les populations musulmanes. Il a fourni, en particulier, de terribles précisions sur la manière dont on maintient stocké le peu de vivres qui existe, en particulier les dattes et les figues, alors que la population est affamée.
Article de Charles-André Julien paru dans Le Populaire, 28 juin 1945 ; suivi de « Le fascisme, appuyé sur des milices armées, veut imposer sa loi en Algérie », 29 juin 1945 ; « Un redressement démocratique prépare la voie aux mesures efficaces », 30 juin 1945.

La répression des émeutes du 8 mai a eu un caractère impitoyable
LE général Catroux, en interdisant toute épuration en Algérie, a laissé à la réaction des forces intactes dont elle veut se servir pour faire triompher un régime de terreur blanche.
Article d’André Marty paru dans les Cahiers du Communisme, 23e année, Nouvelle série, n° 8, août 1946, p. 678-705

La question algérienne est aujourd’hui posée avec acuité devant le peuple français. La constitution en cours d’élaboration devra tenir compte, en effet, de la revendication essentielle de l’immense majorité des populations algériennes : la liberté. Toute mauvaise volonté à cet égard entraînerait aux plus graves conséquences. Pour qui en douterait, il suffit de rappeler les élections du 2 juin en Algérie.
Article signé N. Marc paru dans Quatrième Internationale, Nouvelle Série, n° 20-21, juillet-août 1945, p. 5-20 ; suivi de « Algérie », paru dans Quatrième Internationale, n° 22-23-24, sept.-oc.-nov. 1945, p. 37-38

I. – LE SABRE ET LE GOUPILLON
Les Journées d’Août.
Il y a près d’un an, aux derniers jours du mois d’août, les armées anglo-américaines approchaient prudemment des portes de Paris : le « mur de l’Atlantique » s’était effondré et ce qui subsistait des armées nazies reflouait par le cou- loir de Paris, vers l’Alsace et vers le Rhin … ; mais une inconnue subsistait :
Après quatre années de dictature nazie et vichyssoise, la France se trouvait privée d’un gouvernement central : l’ancienne autorité et l’ancienne « légalité » s’étaient effondrées ; les destructions opérées dans le système des transports avaient fait retourner l’ensemble du pays à l’autonomie de facto des villes et des provinces complètement isolées les unes des autres. Depuis le 17 août, les cheminots s’étaient mis en grève. La plupart des usines étaient fermées. Qu’allait-il se passer dans la capitale, sur les débris de l’ancienne légalité ?
Reportage de Jacques-Francis Rolland paru en six épisodes dans Ce Soir, 3 avril 1946 ; 4 avril 1946 ; 6 avril 1946 ; 10 avril 1946 ; 13 avril 1946 ; 18 avril 1946.

« MECHTAS » MISERABLES ET FERMES OPULENTES
Ce contraste résume le drame de l’Afrique du Nord
« J’AI VU DE MES YEUX L’AFFREUSE MISERE DES GOURBIS »
LORSQUE je quittai Paris à destination de l’Algérie, je n’étais sans doute pas à l’abri d’un certain nombre d’idées préconçues, idées qui m’avaient été inculquées, comme à tous les jeunes Français, sur les bancs des écoles communales et des lycées. Notions simples, logiques et satisfaisantes pour l’esprit, destinées à justifier les pratiques que l’on englobe sous le terme général de colonisation.
La Nation algérienne, organe clandestin de la libération nationale, édition spéciale anniversaire du 8 mai 1945, mai 1947, 2 pages

Le 8 mai 1947 : Journée de deuil national
MUSULMANS ALGÉRIENS !
Votre glorieux parti le P.P.A., a décidé de proclamer le 8 Mai, journée de deuil national. Répondant à son appel pour la commémoration de cette date tragique, vous vous abstiendrez le 8 Mai 1947
1) d’aller dans les salles de spectacles ;
2) d’utiliser vos postes radiophoniques ;
3) de participer à toute forme de réjouissance.
Dans le recueillement et la dignité vous évoquerez la pensée des 40.000 victimes de la barbarie impérialiste. A ce devoir sacré vis-à-vis de tous les martyrs, nul n’a le droit de se soustraire.
Article signé Etargin paru dans La Vérité, n° 120, 28 avril 1946, p. 3

Dans notre dernier numéro, dans l’article « Stratégie, tactique ou … trahison », notre camarade Lévan a bien décrit la position de notre parti vis-à-vis du problème algérien.
Des camarades nationalistes algériens nous ont communiqué une lettre dont nous publions ci-dessous les principaux passages. Nous donnerons la prochaine fois une étude détaillée sur la structure, l’organisation et le programme politique du parti du peuple algérien.
Article paru dans J’accuse, organe du Mouvement national contre la barbarie raciste, n° spécial, février 1943, p. 7

La fureur antisémite des hitlériens a fait passer au second plan les conséquences du racisme pour d’autres catégories humaines et, en particulier, pour les peuples de couleur. Les propagandistes de l’ « Ordre Nouveau » ont même jugé habile de flatter parfois les populations coloniales et d’exciter chez les Arabes la haine envers les Juifs. C’est ainsi que le gouvernement de Vichy ne voulant pas accorder aux indigènes Nord-Africains les droits de citoyens, les a retirés aux Juifs pour abolir l’ « injustice » que la loi Crémieux constituait en faveur de ces derniers.
Articles parus dans Combat, 11 juin 1948 ; 19 juin 1948 ; 20-21 juin 1948 ; 1er juillet 1948

Un Congrès des peuples d’Europe, d’Asie et d’Afrique se tiendra à Puteaux du 18 au 22 juin. Ce congrès a pour but de lutter contre l’impérialisme mondial, en élaborant un plan économique commun, basé, non pas sur la subordination des colonies à la métropole, mais sur une égalité d’échange et une association de libre coopération. Les représentants des différents peuples auront la possibilité de s’adresser ainsi à l’opinion mondiale. Les principaux mouvements démocratiques et ouvriers du monde seront saisis des décisions de la conférence. Dès à présent, de nombreuses organisations fédéralistes, syndicalistes et socialistes ont apporté leur soutien, notamment la S.F.I.O. et le Labour Party. La commission préparatoire, présidée par le leader travailliste Fenner Brockway, a son siège à Paris, 82, boulevard des Batignolles.
Articles parus dans Franc-Tireur, 29 mai 1948 ; 16 juin 1948 ; 18 juin 1948 ; 19 juin 1948 ; 20 juin 1948 ; 22 juin 1948 ; 23 juin 1948

Du 18 au 22 juin se tiendra à Puteaux un congrès des peuples d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Il est convoqué par une commission préparatoire présidée par le leader travailliste Fenner Brockway, et dont le siège est à Paris, 82, boulevard des Batignolles.
Article de Jean Boucher paru dans Le Libertaire, n° 135, 25 juin 1948, p. 3

REPONDANT à la récente initiative prise par des représentants patentés de la grosse bourgeoisie et du capitalisme libéral, de fédérer les Etats européens placés entre l’enclume américaine et le marteau soviétique, les partis socialistes – ou qui se prétendent tels – avaient convié les délégués de leurs sections nationales à un congrès qui se voulait être celui des peuples d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Etaient venus se joindre à ces délégués « typiques » les représentants des divers mouvements plus ou moins autonomes dont la fin de la deuxième guerre mondiale a vu l’éclosion un peu partout dans le monde.
Article paru dans Le Populaire de Paris, 20-21 juin 1948, p. 4 ; suivi de « Au congrès des Peuples », paru le 22 juin 1948, p. 4 ; « Le congrès des peuples a terminé ses travaux », paru le 23 juin 1948, p. 4

« A l’exploitation capitaliste doit succéder la collaboration fraternelle avec les peuples exploités » déclare Bob Edwards
Le Congrès des peuples d’Europe, d’Asie et d’Afrique s’est ouvert hier matin à la mairie de Puteaux.
Editorial de Léon Blum paru dans Le Populaire de Paris, 19 juin 1948, p. 1-4 ; suivi de « Magnifique meeting à Pleyel »

AUJOURD’HUI s’ouvre à Puteaux le Congrès des peuples. Le comité qui l’a organisé est présidé par Marceau Pivert, secrétaire fédéral de la Seine, et les camarades qui y ont pris le plus de part sont ceux qui, depuis un an et davantage, ont le plus activement travaillé au mouvement fédéraliste des Etats-Unis socialistes d’Europe.
Interview d’Arthur Koestler par Jean Duché publiée en deux parties dans Le Littéraire, n° 32, 26 octobre 1946, p. 1-2 ; n° 33, 2 novembre 1946, p. 3

_ « Vous êtes un faux témoin ! » reprochent les communistes à Koestler.
_ « J’ai vécu à Moscou et à Kharkov ; j’ai voyagé dans toute la Russie », répond l’écrivain de Le Zéro et l’Infini.
Interview par Jean DUCHE
Article de Marcel Baufrère paru dans La Vérité, n° 155, 27 décembre 1946, p. 3

« Si quelqu’un criait la nuit dans notre baraque, nous savions qu’il avait rêvé à la Gestapo. Et, reprenant conscience, il retrouvait avec gratitude l’odeur de la paille pourrie du Vernet. »
Car nous vivions au « temps du mépris ». C’était en 1939, Daladier régnant. Ils étaient des dizaines de milliers, chassés d’Italie, chassés d’Europe centrale et de l’Europe balkanique, chassés d’Allemagne, chassés d’Espagne. Ces survivants de luttes héroïques étaient venus chercher un refuge sous l’aile protectrice des « démocraties occidentales », et particulièrement en France. Ils composèrent ces cohortes modernes de nomades, traqués, humiliés, refoulés, emprisonnés, assassinés : les cohortes de l’espoir et du désespoir, « la lie de la terre » …
Article de François Erval paru dans Combat, 26 janvier 1950, p. 4

Un des meilleurs écrivains anglais
ROMANCIER, critique, journaliste et homme politique, George Orwell vient de mourir à l’âge de 46 ans après une longue maladie. Son nom et son œuvre sont peu connus en France, alors que la presse anglaise considère Orwell comme le plus grand romancier d’idées qui ait surgi en Grande-Bretagne au cours de l’entre-deux guerres.
Article de George Orwell paru dans le Bulletin d’information des Groupes de liaison internationale, n° 1, mars 1949, p. 9-19 ; texte initialement publié en octobre 1948 dans Commentary sous le titre ‘Britain’s Struggle for Survival: The Labor Government After Three Years‘

G. ORWELL dans son article présente une analyse objective et complète de la situation en Angleterre et des difficultés devant lesquelles se trouve placé le gouvernement travailliste par sa faute, ou du fait même qu’il est en train d’instaurer un régime socialiste.
Article de Guy Lavaud paru dans Gavroche, n° 123, 2 janvier 1947, p. 4

C’EST l’histoire, dans un village birman, de quelques Européens, des Anglais naturellement, la description de leur existence partagée entre la sieste, la boisson, le tennis et quelques très vagues occupations. Nous avons déjà lu cela dans Kipling et dans Conrad (La Folie malaise) mais avec plus de relief.
Article d’Auguste Gallois paru dans Le Peuple, organe officiel de la Confédération générale du travail, vingt-sixième année, n° 119, nouvelle série, 23 novembre 1946, p. 5

NE aux Indes en 1903, George Orwell représente pour l’instant en Angleterre l’écrivain d’action du genre de Malraux. Dans une vie déjà longue et bien remplie, cet auteur fut tout à la fois voyageur, romancier, journaliste, critique littéraire et même combattant pendant la guerre civile espagnole.
Article de Maurice Nadeau paru dans Combat, 13 juillet 1950, p. 4

Au début de cette année, mourait de tuberculose dans une clinique londonienne George Orwell, l’un des plus importants écrivains anglais contemporains. Nous avions lu de lui, en français, La Vache enragée, Tragédie birmane, Les Animaux partout !
Article d’André Julien paru dans L’Observateur, n° 16, 27 juillet 1950, p. 20

L’écrivain anglais Orwell est mort en janvier de cette année. Il était l’auteur de La vache enragée et des Animaux partout. Atteint de tuberculose, c’est dans une clinique qu’il écrivit Nineteen-Eighty-Four dont la traduction française inaugure aujourd’hui une collection de romans de divertissement chez son éditeur parisien.
Article de Gérard Rosenthal paru dans Le Droit de vivre, 18e année, n° 209 (nouvelle série), 15 octobre – 15 novembre 1950, p. 2

LA « Vingt-cinquième Heure » témoignait d’un problème passé. Le livre de George Orwell « 1984 » présente une terrifiante anticipation d’un monde prochain dont l’humanité perçoit la menace et éprouve la hantise. C’est l’image sinistre d’une société dans laquelle les hommes, dépouillés de toute liberté, vivent dans leurs moindres gestes sous le contrôle permanent du microphone et de la télévision du « télécran », soumis au mensonge officiel et voués aux « vaporisations » inexorables de la toute puissante « police de la pensée ». Le tout aux reflets des affiches innombrables qui répètent à l’infini le portrait souriant au « Big Brother ». Et malheur à qui laisse s’insinuer en lui le doute ou l’indifférence, l’indépendance. La délation, l’espionnage, la provocation le livreront à une répression qui le broiera dans sa chair jusqu’à ce qu’il soit à nouveau tout amour pour le chef suprême.
Article signé B. Landau paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste juive « Bund », nouvelle série, n° 36, 1er août 1946, p. 1 et 3

L’ATTENTAT récent au Quartier Général Britannique à King David Hôtel à Jérusalem a causé une grande émotion, non seulement en Palestine même, mais dans le monde juif et tous les cercles qui s’intéressent à la solution du problème juif. Cet « exploit » terroriste qui coûta la vie à plusieurs dizaines de personnes innocentes a provoqué à juste raison l’indignation générale. Seuls quelques actes isolés de sauvagerie comme celui de jeunes gens jouant des airs de swing pendant l’enterrement des victimes sont à déplorer.
Article signé Alexandre paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste « Bund » en France, nouvelle série, n° 22, 16 décembre 1945, p. 4-5

LE sionisme a gagné certaines sympathies, dans les cercles démocratiques en France et même parmi les socialistes français. Ces sympathies sont dictées par des sentiments humains à la suite du sort tragique de millions de Juifs, victimes éternelles de la réaction sociale. La compassion pour les Juifs qui ont survécu dans les différents pays d’Europe et les protestations contre les persécutions, dont ils sont encore victimes, peuvent créer un terrain favorable à la propagande sioniste, parmi tous ces démocrates et socialistes qui ne sont pas encore au courant de l’essence même du sionisme. Et il faut reconnaître que les sionistes savent tirer profit de ces sentiments purement humains pour les intérêts du parti, pour leur but utopique et nuisible. Mais si un démocrate sincère ou un socialiste français réfléchit sur les bases essentielles du sionisme, il reconnaîtra, que le socialisme, la démocratie et l’internationalisme sont en contradiction absolue avec le sionisme, même socialiste.
Article paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste juive « Bund » en France, nouvelle série, n° 20, 15 novembre 1945, p. 7

Le journal sioniste « Notre Parole » n’est pas content de l’article concernant la question palestinienne du rédacteur de la politique étrangère du Populaire, notre camarade, Charles Dumas. C’est incontestablement son droit. Mais, pourquoi, en répondant à l’exposé si clair et hautement objectif de Charles Dumas, travestir les faits ? Pourquoi présenter ceux qui ne sont pas d’accord avec les thèses sionistes comme des ignorants ou comme des défenseurs de la cause des fascistes arabes ?
Article de Michel Grunberg alias M. Grun paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste juive « Bund » en France, nouvelle série, n° 16, 15 septembre 1945, p. 4 et 6

La Conférence sioniste a terminé ses travaux et nous sommes en mesure d’en tirer quelques conclusions d’ordre général. Les résolutions concernant la Palestine sont très catégoriques. La Conférence s’est prononcée pour un Etat juif souverain, pour une émigration massive en Palestine. Ce qui est très étonnant, c’est que les résolutions prises ne tiennent pas du tout compte de la majorité arabe, hostile à la conception sioniste d’un Etat juif.
Article de Henri Minczeles alias Henri Montmartre paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste juive « Bund », nouvelle série, n° 3, février 1945

Principalement depuis le National-Socialisme, les idées racistes ont été remises à l’honneur. On a assisté et à un état d’esprit borné et intransigeant et malheureusement à des applications hideuses qui se sont traduites par les sinistres exploits des S.S. et de la Gestapo. Je vais ici m’attacher à montrer que tout Socialiste ne peut être ni raciste, ni antisémite.
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté, n° 381, juin 1979, p. 17-19

Au delà des déterminations sociales et historiques, le racisme vit sur le terreau psychologique de l’être humain. Il atteint profondément la conscience de celui qui en est victime comme de celui qui en est l’artisan.
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté, n° 324, novembre 1973, p. 9-10

IL est impossible de faire en quelques lignes une présentation d’ensemble, cohérente, d’une information aussi fournie que celle portant sur la guerre d’octobre 1973 entre l’Egypte, la Syrie et Israël. Ce qui nous intéresse dans le cadre de cet article, ce sont – quelles que soient les opinions politiques exprimées ou implicites des rédacteurs – les resurgissements possibles, les expressions d’un système de pensée raciste, car, dans le cas de cette guerre, les belligérants sont des peuples lourdement atteints par un tel système. On trouvera ici des remarques faites à partir de la lecture exhaustive de deux grands quotidiens d’information (France-Soir et Le Parisien Libéré), du 8 au 22 octobre 1973.
Introduction au livre dirigé par Claude Duchet et Philippe de Comarmond, Racisme et société, Paris, Maspero, 1969, p. 7-14

A la fin des années 1880 déjà, un Français pro-aryen, Vacher de Lapouge, écrivait :
« Je suis convaincu qu’au siècle prochain des millions d’individus s’entretueront à cause d’un ou deux degrés en plus ou en moins d’indice céphalique … »
L’indice céphalique est le quotient de la plus grande largeur de la tête par sa longueur ; certaines tribus, certains peuples à travers le monde ont des indices élevés, d’autres des indices faibles. On trouve des « têtes longues » aussi bien dans les sociétés dites primitives que dans les sociétés industrielles : il en est de même des « têtes rondes ». Ni les unes ni les autres ne sont le témoignage d’une supériorité sur le plan intellectuel ou moral … Comment donc pouvait-on imaginer que « des millions d’individus s’entretueraient » à cause de la forme du sommet de leur crâne ?
Article de Colette Guillaumin paru dans Droit et Liberté, n° 319, 21 mars 1973, p. 24-26

VOILA beaucoup de guillemets, mais c’est qu’il est difficile de se servir de « race », « industrie », « Tiers » Monde, sans tomber dans le piège de les prendre pour des vérités bien claires. Monde « industriel », « Tiers » Monde … qu’est-ce à dire ? Il n’y a qu’un seul monde du point de vue économique ; si l’industrie de transformation est cantonnée étroitement dans une petite partie du monde, elle n’en est pas moins fonction des matières premières, de la main-d’œuvre et des marchés du monde entier. Le monde « tiers » (troisième roue de la bicyclette pour ce qui concerne les décisions, bel et bien l’une des deux roues du char pour le fonctionnement de l’industrie moderne) est tiers du point de vue du pouvoir, car du point de vue économique il est, face au monde industriel, l’autre pièce maîtresse de l’économie mondiale. C’est donc avec la plus grande méfiance – et de là les guillemets – qu’on peut utiliser des termes qui présentent comme séparé et différent ce qui est en réalité profondément homogène et solidaire.
Article d’Ida Berger paru dans Droit et Liberté, n° 315, novembre 1972, p. 25 ; suivi de « D’ordre nouveau en front national » et de « Dangereux transferts »

IL existe peu d’ouvrages qui ont analysé le problème du racisme sous autant d’aspects que celui de Colette Guillaumin (1). Avec une grande pénétration elle a réussi à mettre à nu les différents éléments de l’idéologie raciste.
Editorial paru dans Le Quotidien Rouge, n° 9, 3 mai 1974 ; suivi de « Les hommes de main de Giscard » et « Oui : Le Pen a torturé »

Même « Le Figaro » s’en est ému après le meeting de Nice !
Faut dire que le Valéry, aux bonnes manières du grand monde, trimballe dans ses valises une sacrée collection de supporters et de gardes du corps. Soustelle, Médecin, le maire de Nice, qui a quelques placements à l’extrême-droite ; les ex-OAS Sergent et Dupont ; les nervis d’ON et du GAJ, réunis pour la circonstance ; l’inévitable mercenaire Le Cavelier. Et bien d’autres, moins en vue dans les basses besognes. L’hebdomadaire d’extrême-droite Minute, un moment tenté par la candidature Royer, a vite rectifié le tir : le cheval étant mauvais ; pour l’heure, la vraie droite, c’est Giscard.
Article signé F. L. paru dans Rouge, n° 213, 13 juillet 1973, p. 8-9

La campagne d’Ordre Nouveau contre « l’immigration sauvage » n’est pas tombée du ciel. Elle est la manifestation d’une poussée de racisme que les groupuscules fascistes et la presse d’extrême-droite se sont appliqués à entretenir.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.